TUNIS — Lors d’une rencontre très symbolique, le président tunisien Kaïs Saïed a reçu à Carthage Massad Boulos, conseiller Afrique du candidat républicain à la présidentielle américaine, Donald Trump. Un moment diplomatique que le chef de l’État tunisien a saisi pour adresser un message clair sur la situation dramatique à Gaza.
Des images comme plaidoyer
En pleine audience, Kaïs Saïed a brandi des photos bouleversantes d’enfants palestiniens décharnés, à l’agonie, victimes de la famine à Gaza. « Regardez ces enfants squelettiques, regardez cette humanité bafouée », aurait-il déclaré, selon des sources proches de la présidence. En montrant ces images, il a voulu alerter sur l’ampleur de la crise humanitaire, tout en dénonçant l’inaction internationale face à ce qu’il qualifie de crime collectif.
Un message politique à l’Amérique
La présence de Massad Boulos n’était pas anodine. En recevant ce proche de la sphère trumpiste, Kaïs Saïed entendait interpeller les futurs décideurs américains sur la responsabilité des grandes puissances dans le drame palestinien. Le geste marque une volonté de placer la Palestine au cœur des échanges diplomatiques, même avec des interlocuteurs issus de courants politiques peu enclins à critiquer la politique israélienne.
Massad Boulos, un homme d’influence
Homme d’affaires d’origine libanaise, Massad Boulos est également le beau-père de Tiffany Trump, la fille cadette de l’ancien président. Son rôle de conseiller pour les affaires africaines dans l’entourage de Trump le place au carrefour de la diplomatie économique et de la politique conservatrice américaine. Sa visite à Tunis pourrait être interprétée comme une tentative d’élargir les ponts entre les États-Unis républicains et certaines capitales africaines.
Un geste fort dans un contexte tendu
Alors que la situation à Gaza continue de se détériorer, et que la communauté internationale peine à imposer un cessez-le-feu durable, Kaïs Saïed utilise les leviers diplomatiques à sa portée pour secouer les consciences. Ce face-à-face avec Massad Boulos, ponctué de photos insoutenables, prend des allures de plaidoyer politique autant que de dénonciation morale.
La Rédaction

