Abdourahamane Tiani durcit encore sa position contre le Bénin. Dans une déclaration musclée, le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) rejette toute idée de réouverture des frontières avec le Bénin. Il persiste : le régime de Cotonou collaborerait avec des groupes armés et hébergerait des troupes françaises qu’il accuse de chercher à déstabiliser le Niger.
Une crise diplomatique qui s’enlise
Après plusieurs mois d’apaisement apparent, les tensions repartent de plus belle entre le Bénin et le Niger. La récente prise de parole du général Abdourahamane Tiani sonne comme un coup d’arrêt aux tentatives de normalisation. Il dénonce une alliance supposée entre le Bénin, les forces françaises et des groupes terroristes, sans toutefois fournir de preuve concrète.
« Tant que le Bénin n’aura pas compris la gravité de son soutien logistique à des troupes étrangères hostiles à notre souveraineté, la frontière restera fermée », a-t-il tranché.
Des accusations répétées, sans éléments nouveaux
Ce n’est pas la première fois que Niamey formule de telles accusations. Mais leur réitération marque un durcissement stratégique. Le Niger affirme que le Bénin abriterait des bases militaires françaises utilisées à des fins de déstabilisation régionale, ce que le gouvernement béninois a toujours nié.
En l’absence de preuves publiques, la crédibilité de ces allégations reste contestée à l’échelle régionale. Ni le Burkina Faso, allié du Niger dans l’AES, ni aucune autre source indépendante n’a jusqu’ici corroboré ces affirmations.
Un discours aux accents de représailles
Tiani justifie également la montée des attaques terroristes récentes sur le sol béninois par l’expiration d’un prétendu pacte de non-agression entre les deux États. Selon lui, ce contrat aurait pris fin le 31 décembre 2024, expliquant la recrudescence des violences dès janvier 2025.
« Le Bénin pensait pouvoir mettre le scorpion dans sa bouche sans en souffrir. Nous l’avions pourtant averti », a-t-il lancé dans une métaphore lourde de menaces voilées.
Une frontière fermée, des économies asphyxiées
Pendant ce temps, les transporteurs, commerçants et familles des deux côtés de la frontière paient le prix fort de ce bras de fer politique. Les échanges commerciaux sont à l’arrêt. L’économie locale en pâtit lourdement, notamment dans les zones frontalières naguère très actives.
Mais le CNSP semble sourd à ces préoccupations. Pour Niamey, le maintien de la fermeture constitue un outil de pression stratégique tant que le Bénin ne prend pas ses distances avec les puissances étrangères jugées hostiles.
Ce nouvel épisode confirme que la crise entre le Bénin et le Niger ne relève plus seulement du désaccord diplomatique. Elle s’enracine dans une guerre narrative où la souveraineté, la sécurité et l’influence militaire étrangère se mêlent dans un climat de défiance croissante. En l’absence d’arbitrage régional ou de médiation crédible, la frontière reste le théâtre d’un bras de fer à durée indéterminée.
La Rédaction

