La Cour Pénale Internationale va définitivement plier ses bagages en Côte d’Ivoire, mettant ainsi fin à plus d’une décennie de présence dans le pays. Tout en continuant de d’enquêter sur les crimes commis pendant les crises des années 2000, elle devrait rendre ses conclusions l’année prochaine.
Cette décision, motivée par des contraintes budgétaires et des réajustements stratégiques, a suscité des réactions divergentes. Le gouvernement ivoirien s’en félicite, y voyant une reconnaissance de la montée en compétence des juridictions locales.
La fermeture du bureau de la CPI à Abidjan, prévue pour mi-2025, s’inscrit dans le cadre d’une réorganisation globale de la Cour, visant à concentrer ses ressources sur d’autres régions.
« Si le bureau de la CPI estime qu’il a fini sa mission ici et qu’il doit fermer, nous ne pouvons que nous en réjouir », affirme le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly, à l’issue d’un Conseil des ministres. « Cela montre bien que nos juridictions nationales marchent bien et ont pris la place ».
« Les enquêtes sont toujours en cours sur le deuxième volet, cette annonce de fermeture est difficile à comprendre. C’est un mauvais signal. Les victimes attendent que la CPI aille au bout de ses enquêtes », a déploré Willy Neth, président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) enquête depuis 2011 sur les violences commises lors des différentes crises dans le pays, en 2002 et en 2010. Ces enquêtes avaient abouti au procès de l’ex-président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé qui ont été incarcérés plusieurs années au centre de détention à la Haye avant d’être définitivement acquittés par la CPI en mars 2021.
La Rédaction

