Coup de théâtre au sommet du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA).
Tidjane Thiam, via une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, a annoncé sa décision de quitter la présidence du parti. Moins de deux semaines auparavant, il avait été radié de la liste électorale par la justice ivoirienne, une exclusion qui le rend inéligible à l’élection présidentielle d’octobre prochain.
Le 22 avril, un tribunal avait statué que l’ancien patron du Crédit Suisse ne disposait plus de la nationalité ivoirienne au moment de son inscription sur les listes électorales en 2022. En cause : l’acquisition de la nationalité française en 1987, qui aurait entraîné automatiquement la perte de sa citoyenneté ivoirienne. Bien qu’il ait officiellement renoncé à la nationalité française en mars 2025, cette démarche a été jugée trop tardive pour annuler son inéligibilité.
Élu à la tête du PDCI en décembre 2023, Tidjane Thiam incarnait une figure de renouveau pour le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny. Son départ, précipité par la décision judiciaire, plonge la formation politique dans une période d’incertitude. À quelques mois d’un scrutin présidentiel crucial, le PDCI devra non seulement désigner un nouveau leader, mais aussi redéfinir sa stratégie et son candidat.
Plusieurs scénarios s’offrent désormais au parti : la tenue d’un congrès extraordinaire ou la mise en place d’une direction intérimaire. Dans tous les cas, l’absence de Thiam, dont le profil international et le discours de réforme avaient rallié une partie de l’électorat, risque de peser lourd dans la dynamique électorale du PDCI.
Ce retrait met un terme abrupt au retour politique d’un homme qui rêvait de gouverner la Côte d’Ivoire. Il marque aussi une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique ivoirien, où les figures d’expérience côtoient désormais une génération privée de tribune.
La Rédaction

