L’extraction minière connaît un développement remarquable en Côte d’Ivoire, fruit des réformes structurelles mises en place depuis 2011. Ces transformations sont au cœur de la diversification économique du pays, marquée par une expansion notable du secteur minier et des hydrocarbures.
En 2024, la découverte de nouveaux gisements d’or et d’hydrocarbures en Côte d’Ivoire a renforcé cette dynamique, notamment avec la mise en production de certains de ces gisements. Ces avancées sont le reflet des efforts entrepris depuis la crise post-électorale de 2011, qui ont permis de créer un environnement attractif pour les investissements étrangers. Le pays, traditionnellement axé sur l’exportation de matières premières agricoles, a progressivement orienté son économie vers l’exploitation minière.
Historiquement, la Côte d’Ivoire s’est concentrée sur l’exportation de matières premières agricoles, notamment le cacao, représentant 45% de la production mondiale, ainsi que la noix de cajou, le caoutchouc et d’autres produits. Cependant, depuis l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir en 2011, un tournant majeur a été amorcé avec l’ouverture du secteur minier. Le pays se situe désormais dans la « Birmian Greenstone Belt », une zone géologique riche en ressources minérales et hydrocarbures, dont les gisements d’or sont parmi les plus importants au monde. Le nombre de projets miniers a explosé, passant de 9 à 28 depuis 2012, et les permis d’exploration ont doublé, atteignant presque 200 aujourd’hui.
Les dernières découvertes, notamment celles des mines d’or à Tanda-Iguéla, Abujar, Séguéla et Koné, ont fait sensation. En 2024, la production d’or a bondi de 10 tonnes en 2012 à 55 tonnes, avec une prévision de 65 tonnes pour 2025. Ce secteur est désormais un pilier de l’économie, avec un objectif de contribuer à hauteur de 6% du PIB d’ici 2025.
Un environnement propice aux investissements
La Côte d’Ivoire a su se positionner comme un acteur majeur du secteur minier en Afrique de l’Ouest grâce à un climat des affaires favorable. Les investissements étrangers ont considérablement augmenté, passant de 300 millions de dollars en 2011 à plus de 1,7 milliard en 2023. Le pays, avec ses taux de croissance solides et son statut de première économie de l’UEMOA, attire de plus en plus d’acteurs internationaux. Les ressources minérales inexploitées, telles que le fer, le manganèse, la bauxite, le cuivre et des minerais stratégiques comme le lithium et le coltan, sont particulièrement prisées dans le cadre de la transition énergétique.
Les réformes politiques et économiques engagées depuis 2011 ont permis de stabiliser le pays après la crise et de renforcer la confiance des investisseurs. Le taux de sécurité a drastiquement augmenté, et le pays a bénéficié des retombées des grands projets d’infrastructures, tels que les routes, les ports et les installations énergétiques. Ces efforts ont été salués par des institutions internationales, dont la Banque mondiale, où la Côte d’Ivoire a progressé de 60 places dans le classement Doing Business.
En tant que nouveau hub minier, la Côte d’Ivoire a organisé en 2024 le SIREXE, un salon international des ressources extractives et énergétiques. Cette manifestation a généré des contrats d’une valeur de 4 000 milliards de FCFA (environ 6,13 milliards d’euros), et a donné naissance à un Fonds d’investissement minier pour soutenir les sous-traitants locaux et promouvoir la durabilité.
Une transformation en cours
Le développement du secteur minier en Côte d’Ivoire s’accompagne d’une transformation de l’économie. Les projets miniers, comme la future mine d’or de Tanda-Iguéla, prévue pour 2028, devraient créer plus de 4 000 emplois directs et indirects, tout en générant des investissements significatifs. De même, dans le secteur des hydrocarbures, le partenariat entre l’Italien Eni et l’Ivoirien Petroci a déjà permis de développer le gisement de gaz offshore « Baleine », destiné au marché intérieur.
Cette évolution se reflète également dans le secteur agricole. En dix ans, la transformation des produits agricoles, comme la noix de cajou et le cacao, a progressé de manière significative. Le pays envisage même de transformer l’ensemble de sa production de caoutchouc d’ici 2025 et explore des projets ambitieux dans la filière du chocolat.
En somme, l’extraction minière devient un moteur clé de la transformation économique en Côte d’Ivoire, propulsant le pays vers un avenir industriel plus diversifié et résilient.
La Rédaction

