La question du lieu d’inhumation de l’ancien président zambien Edgar Lungu ravive les tensions politiques à Lusaka, près de dix mois après son décès en Afrique du Sud.
Les autorités zambiennes affirment avoir pris possession de la dépouille de l’ex-chef de l’État, décédé à Pretoria à l’âge de 68 ans, dans le but de procéder à son rapatriement et à des funérailles nationales. Une décision contestée par la famille, qui réclame le respect d’un enterrement privé.
Un désaccord entre hommage d’État et volonté familiale
Pour le gouvernement, l’ancien président doit être honoré comme tous les anciens chefs d’État du pays, avec une inhumation au sein du site présidentiel officiel de Lusaka.
L’exécutif estime que ce choix relève du devoir républicain et de la continuité institutionnelle.
La famille, de son côté, maintient son opposition et souhaite organiser des obsèques dans un cadre strictement privé, loin des considérations politiques.
Une affaire prolongée devant la justice sud-africaine
Le différend a déjà franchi plusieurs étapes judiciaires en Afrique du Sud, où un tribunal s’était prononcé en faveur du rapatriement et de l’organisation de funérailles d’État.
Cependant, les proches de l’ancien président ont récemment introduit une nouvelle requête d’urgence devant la Haute Cour, demandant que la dépouille soit restituée au salon funéraire initialement chargé de sa conservation.
Une figure politique toujours au cœur des rivalités
Edgar Lungu, qui a dirigé la Zambie de 2015 à 2021, reste une figure politique marquée par une rivalité persistante avec son successeur Hakainde Hichilema, aujourd’hui à la tête de l’État.
Cette opposition ancienne continue d’influencer le traitement politique et symbolique de sa mémoire, même après sa disparition.
Un enjeu entre protocole d’État et intimité familiale
Au-delà du litige juridique, cette affaire illustre la tension fréquente entre les exigences du protocole républicain et les droits des familles sur les dépouilles des anciens dirigeants.
Alors que le gouvernement insiste sur un hommage national, la famille cherche à préserver une dimension privée du deuil, dans un dossier désormais placé sous surveillance judiciaire internationale.
La Rédaction

