La filière cacao ivoirienne traverse une période de fortes turbulences. Le gouvernement a annoncé le 4 mars une baisse importante du prix d’achat du cacao aux producteurs, désormais fixé à 1 200 francs CFA le kilogramme, contre 2 800 francs CFA lors de la campagne principale. Cette décision intervient dans un contexte marqué par la chute des cours mondiaux et par d’importants stocks invendus dans les coopératives.
Une baisse dictée par le marché mondial
Selon le ministre de l’Agriculture Bruno Koné, l’ajustement du prix était devenu inévitable face à la forte baisse du cacao sur les marchés internationaux. Après avoir atteint des niveaux record en 2024, les cours ont nettement reculé en 2025. La tonne de cacao se négocie désormais autour de 2 900 dollars, contre plus de 11 000 dollars au plus fort de la flambée des prix. Cette situation a rendu le cacao ivoirien beaucoup plus cher que le prix mondial, ralentissant les exportations et compliquant la commercialisation pour les négociants et les producteurs.
Des stocks massifs dans les coopératives
Le ralentissement de la commercialisation a provoqué une accumulation de fèves dans les entrepôts des coopératives. Dans plusieurs zones productrices, des planteurs attendent depuis plusieurs mois le paiement de leur production. Pour limiter l’impact de la crise, le Conseil du Café-Cacao, organisme public chargé de réguler la filière, avait annoncé en début d’année le rachat de dizaines de milliers de tonnes de cacao invendu.
Des pertes colossales pour les coopératives
La Plateforme ivoirienne pour le cacao durable (PICD) estime que cette situation pourrait avoir des conséquences financières lourdes pour les coopératives. Si les stocks achetés aux producteurs à 2 800 FCFA le kilo devaient être revendus à 1 300 FCFA, les coopératives pourraient subir plus de 30 milliards de francs CFA de pertes nettes. À ces pertes s’ajoutent les coûts liés à la conservation des fèves, nécessaire pour éviter leur dégradation.
Appel à un dialogue avec les autorités
Face à ces difficultés, la PICD demande l’ouverture d’un dialogue inclusif avec les autorités et l’ensemble des acteurs de la filière pour trouver des solutions permettant de soutenir les producteurs et préserver les coopératives. L’organisation rappelle que les conséquences de la crise internationale ne doivent pas reposer uniquement sur les planteurs et les coopératives.
Une filière stratégique pour l’économie ivoirienne
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire dépend fortement de cette culture. La filière représente environ 14 % du PIB national et fait vivre près de cinq millions de personnes. Toute variation significative du prix du cacao a donc des répercussions économiques et sociales majeures, impactant directement les communautés rurales.
La Rédaction

