La Côte d’Ivoire accueillera prochainement l’Africa Food Show, succédant ainsi au Kenya et au Maroc. Cette décision a été officialisée à Casablanca, lors de l’édition marocaine de l’événement, organisée du 20 au 22 novembre 2024. Un mémorandum d’entente a été signé entre les autorités ivoiriennes et MIE Events DMCC, la société organisatrice, marquant une étape clé dans les ambitions agro-industrielles de la Côte d’Ivoire.
Une inspiration stratégique
Profitant de cet événement, la Côte d’Ivoire a affirmé sa volonté de s’inspirer du modèle marocain, considéré comme une référence en Afrique dans le secteur agro-industriel. Ce partenariat vise à renforcer la coopération entre les deux pays en matière de transformation agricole, un levier essentiel pour accroître la valeur ajoutée des produits locaux.
Kouassi Adjoumani, ministre ivoirien de l’Agriculture, a souligné l’importance de cette démarche en déclarant : « Transformer nos produits, leur donner une valeur ajoutée et permettre aux producteurs de mieux profiter de la chaîne de valeur, voilà notre priorité. »
Un partenariat porteur de promesses
Reconnu pour ses avancées agricoles, le Maroc est un acteur clé du secteur agro-industriel sur le continent. Le ministre ivoirien a mis en avant les complémentarités entre les deux nations : « Le Maroc est une porte d’entrée en Afrique, et la Côte d’Ivoire occupe une position stratégique en Afrique de l’Ouest. Ensemble, nous pouvons bâtir une plateforme régionale pour rayonner sur le continent. »
Cette collaboration ouvre la voie à des transferts de technologie, des échanges commerciaux et le partage de savoir-faire. Elle promet également de dynamiser les secteurs clés en Côte d’Ivoire, comme le cacao, la noix de cajou et d’autres produits agricoles.
Valorisation des produits agricoles ivoiriens
Malgré ses performances impressionnantes en matière de production agricole, la Côte d’Ivoire peine encore à maximiser la transformation locale. Sur une production annuelle de 2,2 millions de tonnes de cacao, seule une fraction, soit 900 000 tonnes, est transformée localement. La situation est similaire pour la noix de cajou, avec une production dépassant 1,2 million de tonnes, mais seulement 267 000 tonnes valorisées sur place.
« Le potentiel de développement est immense, notamment dans le secteur de la transformation. Nous avons déjà initié des programmes pour rajeunir nos vergers et améliorer nos rendements malgré les défis climatiques », a ajouté le ministre.
Une vision continentale pour la sécurité alimentaire
Au-delà des perspectives économiques, ce partenariat revêt une importance stratégique pour la sécurité alimentaire en Afrique. Lors des panels organisés durant l’Africa Food Show, les discussions ont mis l’accent sur l’innovation technologique comme solution pour renforcer la productivité et la durabilité des systèmes alimentaires.
« Pour que l’Afrique puisse nourrir l’Afrique, il est impératif de mutualiser nos ressources et nos expertises », a insisté le ministre Adjoumani. Cette coopération incarne une volonté partagée de bâtir un continent capable de valoriser ses ressources agricoles et d’assurer l’autosuffisance alimentaire.
Opportunités pour les entreprises
De nombreuses entreprises pourraient tirer parti de cette synergie entre la Côte d’Ivoire et le Maroc. Les secteurs de la logistique, des équipements agricoles de pointe, de la certification biologique ou encore de la traçabilité des produits agricoles ont un rôle crucial à jouer.
En consolidant leurs efforts, la Côte d’Ivoire et le Maroc se positionnent comme des moteurs du développement agro-industriel en Afrique, tout en ouvrant des perspectives pour une agriculture résolument moderne et durable.
La Rédaction

