À Goma, ville de l’Est de la République démocratique du Congo, le quotidien est marqué par la menace constante des conflits armés, l’activité du volcan Nyiragongo et les effets visibles du changement climatique. Dans ce contexte, un mouvement artistique émergent transforme la souffrance et les défis locaux en messages universels porteurs d’espoir et de résilience.
L’exposition « Chini ya Ardhi » (Sous-sol) rassemble des artistes congolais et internationaux, qui utilisent peintures, sculptures et installations pour raconter les réalités vécues par les habitants. Camille Bleu Valentin, artiste française, collabore avec de jeunes créateurs locaux pour offrir un regard unique sur la vie à Goma. Selon elle, cette ville illustre « à la fois la fragilité et la force de nos sociétés, connectées par des ressources naturelles, énergétiques et alimentaires ».
L’art comme témoin des crises

Les œuvres présentées ne se contentent pas d’être esthétiques : elles traduisent les difficultés quotidiennes des habitants. Certaines sculptures, comme des bougies gravées par Camille Bleu Valentin, symbolisent la résilience face à l’absence d’eau et d’électricité lors des attaques du M23, transformant le traumatisme en un témoignage artistique puissant.
Thierry Croco, artiste congolais, insiste sur le rôle central de l’art : « Nos créations reflètent la vie de Goma et les messages que notre communauté veut transmettre. L’artiste est le miroir de sa ville et le porte-voix des habitants. » Ces œuvres offrent ainsi une voix aux populations et interpellent un public international sur la situation complexe de la région.
Sensibilisation locale et portée globale

« Chini ya Ardhi » montre que l’art peut dépasser les frontières du local pour devenir un outil de réflexion universelle. En mettant en lumière les crises environnementales et sociales, les artistes invitent le spectateur à réfléchir aux liens entre les enjeux locaux et mondiaux et rappellent que les difficultés de Goma ne sont pas isolées mais s’inscrivent dans un contexte global.
À travers cette exposition, Goma illustre comment l’art peut transformer la douleur en message universel. Chaque création devient un appel à l’attention et à l’action, un témoignage vivant de la résilience des communautés face aux crises environnementales et sécuritaires. L’art, à Goma, n’est pas seulement un langage esthétique : il devient une force de mobilisation et de conscience collective.
La Rédaction

