La COP29, qui se déroule actuellement à Bakou, met en lumière une question essentielle : où en sont les 100 milliards de dollars promis par les pays développés pour aider les pays du Sud à faire face au changement climatique ? Bien que cet engagement ait été pris en 2009 lors de la COP15 à Copenhague, à un moment où les enjeux climatiques étaient déjà perçus comme un défi majeur, l’analyse des résultats actuels montre un écart important entre les attentes des pays en développement et les résultats concrets.
Des promesses en suspens
L’accord de Copenhague avait annoncé que les pays riches mettraient à disposition 100 milliards de dollars par an, jusqu’en 2025, pour soutenir les nations vulnérables face aux impacts du dérèglement climatique. Toutefois, plusieurs questions demeurent : ces fonds ont-ils été alloués de manière équitable et efficace ? Sont-ils suffisants pour couvrir les besoins croissants des pays du Sud, qui réclament désormais une aide dix fois plus importante pour faire face à la montée des catastrophes climatiques, à la transition énergétique et à l’adaptation aux nouvelles réalités climatiques ?
Des attentes dépassées par les réalités
À la COP29, les discussions sur le financement climatique continuent de diviser les États. Les pays du Sud estiment que les financements fournis ne sont qu’une fraction de ce qui est nécessaire pour limiter les dégâts climatiques et réussir la transition énergétique. Selon plusieurs rapports, une grande partie des fonds ne proviennent pas directement des 100 milliards promis, et beaucoup de ces financements prennent la forme de prêts et non de subventions, alourdissant ainsi la dette des pays en développement.
L’efficacité des fonds : des résultats inégaux
Malgré les engagements, le suivi de l’utilisation des fonds révèle des résultats mitigés. Si certaines initiatives ont permis de financer des projets d’adaptation au climat, comme des infrastructures résilientes aux inondations ou des programmes de gestion de l’eau, d’autres ont été critiquées pour leur manque de transparence et pour ne pas répondre aux priorités des communautés locales. Les pays du Sud dénoncent également une trop grande lenteur dans la mise en place des fonds, qui arrivent souvent après des catastrophes, et qui ne sont pas toujours adaptés aux besoins urgents des populations.
Un financement insuffisant face à l’urgence climatique
À mesure que les impacts du changement climatique se font plus pressants, la demande des pays du Sud se fait de plus en plus forte. Lors de la COP29, plusieurs pays en développement ont réclamé que les financements augmentent de manière exponentielle pour couvrir l’adaptation aux nouvelles réalités climatiques, notamment la montée des eaux, les sécheresses prolongées, et la perte de biodiversité. Si les pays du Nord se sont montrés ouverts à l’idée de renforcer leur contribution, aucun accord n’a encore été trouvé sur la manière de répartir équitablement les ressources ni sur le volume exact des fonds à allouer après 2025.
Vers une nouvelle donne ?
Alors que les discussions s’intensifient à Bakou, il devient clair que la finance climatique devra être réinventée pour répondre aux besoins réels des pays du Sud. Une refonte complète du mécanisme de financement, avec des engagements plus solides, plus transparents, et mieux adaptés aux défis de demain, semble être la seule voie pour tenir les promesses de solidarité internationale et faire face à la crise climatique mondiale.
À l’issue de la COP29, la communauté internationale devra se montrer à la hauteur des enjeux climatiques. Les pays du Sud, plus que jamais, attendent des actes concrets et un véritable engagement des pays du Nord pour transformer les promesses en actions durables.
La Rédaction

