Les koalas, ces marsupiaux emblématiques d’Australie, se trouvent confrontés à un danger mortel qui pourrait bien les conduire à l’extinction. Une étude récemment relayée par la BBC met en lumière la menace croissante de la chlamydia, une infection sexuellement transmissible, qui touche gravement ces animaux.
Dans l’est de l’Australie, au Currumbin Wildlife Sanctuary, le vétérinaire en chef, Michael Pyne, témoigne de l’ampleur alarmante de cette épidémie. « La chlamydia progresse de manière presque exponentielle », déclare-t-il, ajoutant que chaque jour, l’établissement se voit contraint d’euthanasier de nombreux koalas, arrivés dans un état de délabrement avancé. La chlamydia n’est pas une maladie nouvelle, mais sa propagation à grande échelle menace désormais la survie de l’espèce.
Un déclin accéléré
Les koalas, autrefois abondants sur la côte australienne, sont aujourd’hui en voie de disparition. Leur nombre a chuté de 80 % dans certaines régions en seulement une décennie, en raison de l’urbanisation et de la déforestation. Des catastrophes naturelles telles que des incendies dévastateurs viennent aggraver la situation, tuant des centaines de koalas chaque année. Selon certaines estimations, il ne resterait plus que 50 000 individus à l’état sauvage, et l’espèce est désormais classée en voie de disparition.
L’hôpital de Currumbin accueille désormais plus de 400 koalas chaque année, un chiffre bien loin des quelques cas traités par le passé. Les accidents de la route et les attaques d’animaux domestiques figurent parmi les causes les plus fréquentes de leurs blessures, mais la chlamydia demeure la plus dévastatrice.
Une maladie insidieuse
La chlamydia provoque une série de symptômes douloureux, dont une conjonctivite sévère, et dans les cas les plus graves, des infections génitales et urinaires. Ces affections peuvent mener à la cécité, à des kystes douloureux et à l’incapacité de s’alimenter correctement. Les traitements sont possibles, mais difficiles à administrer sans risque de détruire les bactéries intestinales essentielles à la digestion des feuilles d’eucalyptus, leur principale source de nourriture.
Un vaccin prometteur
Face à cette menace, l’Université de technologie de l’État du Queensland a mis au point un vaccin pour prévenir et traiter la chlamydia chez les koalas. En développement depuis près de deux décennies, ce vaccin semble offrir une lueur d’espoir. Les résultats préliminaires sont encourageants : parmi les koalas vaccinés, les décès ont diminué de deux tiers. De plus, des naissances ont eu lieu, prouvant que le vaccin peut également contrer l’infertilité induite par la maladie.
Cependant, les coûts liés à ce traitement restent élevés. Vacciner un koala contre la chlamydia coûte environ 4 500 euros, ce qui complique l’ampleur de l’opération. Malgré cela, les efforts pour sauver ces marsupiaux continuent, dans l’espoir de stopper un déclin qui semble inéluctable.
La Rédaction

