Caracas, juillet 2025 — Le parquet général du Venezuela a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête officielle visant le président du Salvador, Nayib Bukele, pour mauvais traitements et violations des droits humains à l’encontre de migrants vénézuéliens détenus dans une prison de haute sécurité du pays.
Selon le procureur général Tarek William Saab, cette décision fait suite à des témoignages de migrants rentrés récemment au Venezuela, dénonçant des conditions de détention inhumaines et des abus présumés subis durant leur incarcération au Centre de Confinement du Terrorisme (CECOT), tristement célèbre pour son régime carcéral extrême.
Une détention controversée après une expulsion américaine
Les migrants concernés faisaient partie d’un groupe de plus de 250 ressortissants vénézuéliens expulsés par les États-Unis vers l’Amérique centrale, dans le cadre de politiques migratoires plus strictes. À leur arrivée au Salvador en mars, ils ont été placés en détention dans la méga-prison CECOT, initialement conçue pour héberger les membres présumés de gangs dans le cadre de la « guerre contre les maras » lancée par Bukele.
Des responsables ciblés par la justice vénézuélienne
Outre le président Bukele, l’enquête concerne également le ministre salvadorien de la Justice, Gustavo Villatoro, ainsi que le directeur du système carcéral, Osiris Luna. Le Venezuela affirme vouloir établir les responsabilités dans ce qu’il qualifie de traitement illégal de ses ressortissants, ajoutant que plusieurs d’entre eux souffrent encore de traumatismes physiques et psychologiques.
Une libération orchestrée sous pression diplomatique
Les détenus ont finalement été libérés vendredi dans le cadre d’un accord triangulaire impliquant les États-Unis, le Salvador et le Venezuela. L’arrangement prévoyait notamment l’échange de ces migrants contre dix ressortissants américains incarcérés au Venezuela, dans ce qui semble être une manœuvre diplomatique complexe mêlant humanitaire et géopolitique.
Un tournant dans les relations Caracas–San Salvador
Cette enquête pourrait marquer un nouvel épisode de tensions entre Caracas et San Salvador, alors que le président Bukele continue de susciter la controverse pour ses méthodes autoritaires, notamment en matière de sécurité et de gestion carcérale. Le gouvernement vénézuélien, de son côté, entend capitaliser sur cette affaire pour réaffirmer sa souveraineté et sa défense des droits de ses citoyens à l’étranger.
La Rédaction

