Les marines des États membres de la Cédéao intensifient leur coopération pour faire face à la montée des menaces dans le golfe de Guinée. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement de la Force maritime combinée (CMTF), un dispositif conçu pour répondre aux défis sécuritaires régionaux et protéger les corridors maritimes stratégiques.
La réunion des chefs d’état-major des marines s’est tenue récemment à Accra, au Ghana, et a permis de consolider les efforts collectifs contre le terrorisme maritime, le trafic de drogue et la pêche illégale, non déclarée et non réglementée. Les discussions ont également abordé la nécessité d’une coordination accrue avec les pays enclavés comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger, confrontés à des menaces transfrontalières et à la criminalité organisée.
Le vice-amiral nigérian Idi Abbas, chef d’état-major de la marine du Nigeria, a dirigé les travaux, soulignant que la sécurité maritime régionale repose désormais sur la synergie des États membres et sur l’exploitation des systèmes de renseignement comme l’Architecture de Yaoundé. Selon lui, la réussite de la CMTF dépend de la mobilisation rapide et coordonnée des forces navales, de la mise en commun des informations et de la participation volontaire des pays côtiers.
Parmi les avancées saluées lors de la réunion figurent les opérations conjointes déjà menées, telles que SAFE DOMAIN dans la zone E, ANOUANZE dans la zone F, et les patrouilles coordonnées dans la zone G du Centre multinational de coordination maritime. Le système de surveillance FALCON EYE, déployé par le Nigeria, a été présenté comme un outil stratégique pour améliorer la connaissance de la situation maritime et anticiper les menaces.
La réunion a également permis d’annoncer la constitution d’une coalition de nations volontaires, comprenant la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, le Libéria et la Sierra Leone, pour renforcer l’efficacité opérationnelle de la CMTF. Le lancement officiel de cette force est prévu à Lagos, au Nigeria, dans les prochaines semaines, avec un déploiement initial de navires, d’hélicoptères et d’unités terrestres destinés à soutenir les opérations.
Ce renforcement maritime traduit une volonté forte de la Cédéao d’affirmer son autonomie stratégique et de protéger un espace économique vital. Alors que le golfe de Guinée demeure exposé à la piraterie, aux trafics illicites et à l’extension du terrorisme maritime, la création d’une force coordonnée et réactive marque un tournant décisif dans la sécurité régionale et la coopération interétatique.
La Rédaction

