Alors que le conflit s’intensifie dans le nord-est du Soudan du Sud, l’ONU a lancé une opération de largage aérien de vivres pour venir en aide à plus de 40 000 personnes piégées dans des zones inaccessibles. Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une situation alarmante où la famine menace désormais des communautés entières, notamment dans les comtés de Nasir et d’Ulang, isolés depuis plusieurs mois.
Depuis mars, les affrontements entre partisans du président Salva Kiir et du vice-président Riek Machar ont provoqué des déplacements massifs. Cette reprise des hostilités, marquée par l’arrestation de Machar, a bloqué les voies fluviales d’approvisionnement et aggravé la faim aiguë dans l’État du Haut-Nil, frontalier du Soudan.
Selon les chiffres du PAM, 32 000 personnes vivent déjà dans des conditions alimentaires qualifiées de « catastrophiques ». À l’échelle du pays, 7,7 millions de Sud-Soudanais – soit 57 % de la population – sont confrontés à des niveaux de faim graves à extrêmes, tandis que 2,3 millions d’enfants risquent la malnutrition.
Mary-Ellen McGroarty, directrice du PAM au Soudan du Sud, prévient : « Sans une intensification majeure de l’aide, les comtés de Nasir et d’Ulang risquent de sombrer dans une famine généralisée. »
Malgré l’urgence, les moyens manquent : le PAM a dû réduire les rations alimentaires pour 2,5 millions de personnes les plus vulnérables et lance un appel de fonds de 274 millions de dollars pour maintenir ses opérations jusqu’à décembre.
La Rédaction

