La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’ouest CEDEAO s’apprête à tenir son sommet annuel des Chefs d’État et de gouvernement ce dimanche 7 juillet à Abuja au Nigeria. Ce sommet des chefs d’États de l’organisation s’annonce crucial au regard des sujets brûlants qui ne sauraient être évités. Une attention particulière sera accordée à cette rencontre de haut niveau des dirigeants ouest-africains qui se tient au lendemain du premier sommet des pays l’AES qui ont annoncé leur départ de la CEDEAO fin janvier.
La rencontre réunira théoriquement les chefs d’État de l’espace CEDEAO, à l’exception de ceux du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ces derniers tiennent leur rencontre la veille, dans un contexte de divergences avec l’organisation sous régionale. Depuis l’annonce de leur départ de la CEDEAO, les sujets relatifs aux pays de l’AES sont traités avec beaucoup de minutie par l’organisation sous régionale qui a fini par lever, à son dernier sommet extraordinaire, ses sanctions contre les pays de l’AES tout en les invitant à reconsidérer leur décision de retrait de l’organisation.
L’équilibre entre sanctions et main tendue
À ce sommet, les Chefs d’État ne sauraient éviter les questions relatives à la mise en place de mécanismes permettant le retour des pays de l’AES. Mais la question ne devrait pas être facile à aborder, car l’organisation devra également avancer sur les dispositions à prendre pour décourager les coups d’État dans son espace. Les dirigeants des différents pays membres devront donc jouer à l’équilibre entre sanctions et main tendue. Le président du Sénégal Bassirou Diomaye Faye, arrivé au pouvoir en avril, a tenté à sa manière de réconcilier les deux blocs.
À ce premier sommet des Chefs d’État de la CEDEAO auquel il prendra certainement part, il essayera sûrement de convaincre ses pairs sur l’urgence d’actions en faveur du retour des trois pays de l’AES. La CEDEAO qui avait déjà abandonné son projet d’intervention militaire au Niger devra à nouveau afficher une posture d’apaisement tout en mettant en place une stratégie pour décourager les coups d’État. L’organisation étudiera certainement à cet effet le rapport des ministres des Finances et de la Défense sur l’activation de la force sous régionale dont les attributions vont désormais de la lutte contre les coups d’État à la lutte contre le terrorisme et l’insécurité sous toutes ses formes.
Lutter contre le terrorisme avec les États de l’AES
La mise en place de la force sous régionale permettra de lutter considérablement contre l’insécurité. La Commission de la CEDEAO a d’ailleurs trouvé en ce dispositif, une occasion de réintégration des trois pays du Sahel. Elle appelle à une coalition des forces afin d’assurer plus efficacement la sécurité de la sous-région. Face à l’ennemi commun, le terrorisme, qui traverse les frontières, quittant le Sahel et prenant la direction du littoral, le partage d’informations et les actions coordonnées semblent inévitables. Les deux blocs gagneraient à avancer ensemble contre à l’agression, qu’à y faire face en rangs dispersés. La création annoncée d’une force régionale nécessite également des fonds pour son fonctionnement et selon l’organisation, ladite force devrait être créée sur fonds propres.
Au-delà de la lutte contre les coups d’État, de la réintégration des États du Sahel et de la lutte contre le terrorisme, d’autres sujets pourraient s’inviter dans les discussions. Ce sommet de la CEDEAO revêt ainsi une importance capitale à cause des questions de l’heure. Les regards sont tournés vers les chefs d’État et de gouvernement qui en prendront les décisions.

