Un centre d’éducation à distance vient de voir le jour au quartier du Lac, à Yaoundé. Un projet révolutionnaire dans l’environnement camerounais parrainé par l’UNESCO, pour faciliter l’accès au cours aux élèves de région en crise.
Le tout premier centre d’étude à distance au Cameroun est conçu pour aider les élèves qui ne peuvent pas se déplacer vers les établissements, comme c’est souvent le cas dans les régions anglophones du pays en proie à une crise. « Je travaillais dans ces régions quand la crise a commencé, et je sais combien il était difficile pour les enfants d’avoir accès à l’école. Avec l’aide de ce centre, ils peuvent avoir accès aux cours. Le centre peut être très utile s’ils ont des difficultés à se rendre à l’école» en témoigne Ekwe Ngombe inspecteur pédagogique.
La crise anglophone est véritablement amorcée en 2016 à l’occasion d’une grève d’avocats et d’enseignants s’opposant à la nomination de juges francophones dans les régions anglophones.
Dès le début des fortes tensions en 2017, les sécessionnistes décrètent un boycott des écoles dans les régions anglophones du Cameroun. Pour faire respecter le boycott, les combattants séparatistes attaquent des établissements scolaires, des écoliers et des enseignants dans les établissements scolaires et sur le chemin de l’école. Des stratégies de contournement ont été imaginées par les éventuelles cibles afin d’éviter d’être repérées et identifiées comme élèves par les groupes armés : ne pas porter l’uniforme ou un sac-à-dos par exemple.
Plus récemment, durant le premier semestre de l’année 2023, treize incidents violents ont été signalés dans les régions anglophones, y compris des enlèvements d’enfants et d’enseignants. Cette insécurité généralisée a pour conséquence de priver d’éducation plus de 700 000 élèves en zone anglophone. Le droit à l’éducation, consacré notamment par la Convention internationale sur les droits de l’enfant (1989), est donc ici fortement remis en cause.
L’UNESCO partenaire du centre avertit qu’il n’est pas «question pour la technologie de remplacer l’enseignant » quand bien même que cette première va révolutionner l’environnement éducatif au Cameroun.
La Rédaction

