La filière café-cacao togolaise traverse une phase critique, moins visible qu’une crise climatique, mais tout aussi déstabilisante. La forte baisse des cours internationaux fragilise producteurs, acheteurs et exportateurs, et révèle la vulnérabilité d’un secteur clé de l’économie agricole nationale.
Aujourd’hui, près de 1 500 tonnes de café et de cacao restent bloquées dans les entrepôts, faute de débouchés rentables, selon le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC). En cause : un effondrement rapide des prix qui a gelé les transactions. En quelques mois, le kilogramme de cacao est passé d’environ 5 525 FCFA à près de 2 240 FCFA, réduisant brutalement la valeur des stocks déjà constitués.
Réunis récemment à Lomé, les acteurs de la chaîne – producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs – ont dressé un constat commun : le marché est devenu imprévisible. Beaucoup hésitent à vendre à perte, tandis que les acheteurs ralentissent leurs engagements, ce qui transforme les entrepôts en zones d’attente sans liquidité.
Pour le CCFCC, cette instabilité s’explique par un retour de balancier. L’an dernier, les prix avaient flambé à la suite d’une baisse de production en Côte d’Ivoire et au Ghana, liée au changement climatique et au vieillissement des plantations. Lorsque l’offre s’est réajustée, le marché a corrigé brutalement, faisant tomber certains prix autour de 200 FCFA le kilo sur certains segments.
L’impact est net sur les exportations. Fin janvier 2025, le Togo dépassait 10 000 tonnes de cacao exportées. En 2026, à la même période, les volumes tournent autour de 5 000 tonnes, signe d’un net ralentissement commercial.
Pour éviter l’asphyxie, le Comité appelle à un effort partagé afin de libérer les stocks et relancer les flux. Au-delà de l’urgence, la crise pose une question centrale : renforcer la résilience de la filière face aux chocs du marché mondial.
La Rédaction

