Portés par l’agroforesterie, l’innovation agronomique et une stratégie de fertilisation sur mesure, les rendements du café et du cacao progressent au Togo. Une dynamique qui dépasse le simple enjeu comptable pour bâtir des filières plus résilientes face aux défis climatiques.
Longtemps freinées par des niveaux de productivité modestes, les filières café et cacao du Togo connaissent une évolution significative. En l’espace d’une décennie, les rendements moyens sont passés de moins de 350 kilogrammes à près de 650 kilogrammes par hectare. Cette progression reflète une transformation progressive des pratiques agricoles et des méthodes d’accompagnement technique mises en œuvre sur le terrain.
Cette dynamique concerne un patrimoine agricole estimé à environ 40 000 hectares de caféiers et 25 000 hectares de cacaoyers. Pour les acteurs de la filière, l’objectif est désormais clairement identifié : atteindre à terme un rendement moyen d’au moins une tonne par hectare pour chacune des deux cultures.
L’agroforesterie comme rempart face aux aléas climatiques
L’amélioration des performances repose en grande partie sur le développement de l’agroforesterie. Depuis une quinzaine d’années, les filières café et cacao ont progressivement adopté un modèle de production associant les cultures à un couvert arboré. Cette approche permet de créer un environnement plus favorable à la croissance des plantations en limitant les effets des fortes chaleurs et en contribuant à la conservation de l’humidité des sols.
Grâce à cette stratégie, les producteurs disposent aujourd’hui d’exploitations mieux armées pour faire face aux variations climatiques. Si le changement climatique demeure une préoccupation majeure pour l’ensemble du secteur agricole, les responsables de la filière estiment que ce choix technique renforce considérablement la résilience des plantations togolaises.
Parallèlement, plusieurs initiatives sont engagées avec les partenaires techniques afin de développer des mécanismes d’adaptation destinés à sécuriser durablement la production et les revenus des exploitants.
L’innovation agronomique au service de la productivité
L’autre transformation majeure concerne la fertilisation des plantations. Pendant de nombreuses années, les producteurs ont dû composer avec des engrais génériques dont les formulations ne répondaient pas toujours aux besoins spécifiques des cultures de cacao.
Pour remédier à cette situation, les chercheurs de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique, en collaboration avec l’International Fertilizer Development Center et les acteurs de la filière, ont élaboré cinq formules d’engrais spécialement adaptées aux réalités des terroirs togolais.
Les premiers essais ont permis d’identifier une formule particulièrement prometteuse. Les quantités nécessaires ont déjà été commandées et une nouvelle phase d’expérimentation doit être lancée dans différentes plantations afin d’évaluer les performances de cet engrais dans plusieurs conditions de production.
État d’avancement du programme de fertilisation
| Phase du projet | Situation actuelle |
| Recherche et formulation | Élaboration de cinq formules d’engrais spécifiques |
| Premiers essais | Sélection d’une formule jugée particulièrement prometteuse |
| Expérimentations élargies | Déploiement prévu dans plusieurs plantations de cacao |
| Validation finale | Évaluation des résultats sur trois années avant diffusion à grande échelle |
Selon les spécialistes, la performance du cacaoyer dépend moins de la quantité d’engrais utilisée que de l’équilibre précis des éléments nutritifs. Un mauvais dosage peut favoriser le développement du feuillage au détriment de la production de cabosses. Les recherches en cours visent donc à proposer des solutions adaptées aux besoins réels des plantations togolaises.
Vers une filière plus compétitive
L’amélioration des rendements observée ces dernières années confirme le potentiel de modernisation des filières café et cacao. En combinant agroforesterie, innovation agronomique et fertilisation ciblée, le Togo cherche à renforcer la compétitivité de ses productions tout en consolidant leur résilience environnementale.
Si les essais actuellement en cours confirment les résultats attendus, les producteurs disposeront bientôt d’outils techniques mieux adaptés à leurs réalités. Une évolution susceptible d’accélérer la montée en gamme de la filière et de rapprocher le pays de son objectif de productivité.
La Rédaction

