La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, doit s’adapter aux nouvelles règles de traçabilité imposées par l’Union européenne (UE). Un atelier organisé récemment à Abidjan a permis de faire le point sur les avancées du Programme de cacao durable et les défis qu’il reste à relever pour garantir l’accès au marché européen.
Une réglementation européenne exigeante
Depuis 2021, l’UE et la Côte d’Ivoire collaborent pour mettre en place des normes garantissant que le cacao ivoirien respecte les principes de durabilité et de lutte contre la déforestation. Cette réglementation, qui vise à interdire les produits issus de pratiques non conformes, représente un enjeu majeur pour le pays.
Marc Buchmann, chef de la coopération de l’UE en Côte d’Ivoire, a salué les efforts engagés, tout en soulignant des obstacles persistants, comme la contrebande aux frontières et le manque de clarté sur certaines zones agricoles autorisées.
Des avancées concrètes mais un chantier encore vaste
Adoptée en 2022, la Stratégie nationale de cacaoculture durable vise à structurer la filière et à renforcer sa résilience face aux défis économiques et climatiques. La FAO accompagne le pays dans cette transition, essentielle pour assurer la stabilité du secteur, qui représente 14 % du PIB ivoirien et 45 % des exportations.
Selon Joseph Nyemah, représentant de la FAO, la volatilité des prix mondiaux impose de poursuivre les efforts pour soutenir les producteurs. Parmi les mesures clés déjà mises en place figurent le recensement d’un million de producteurs, la distribution de cartes d’identification et l’application du Différentiel de revenu décent de 400 dollars par tonne. La Norme ARS 1000, introduite récemment, renforce également les exigences de traçabilité.
Un partenariat renforcé avec l’UE
La réunion du Comité conjoint de l’Accord de partenariat économique UE-Côte d’Ivoire, tenue à Bruxelles, a réaffirmé la nécessité d’un accompagnement soutenu pour permettre au cacao ivoirien de s’adapter aux nouvelles contraintes du marché européen.
Pour Hervé Aka N’Zai, représentant du Premier ministre, ces réglementations doivent être perçues comme un levier de développement plutôt qu’un frein économique. Il insiste sur l’importance d’intégrer ces exigences dans les politiques nationales afin de créer une filière plus durable et compétitive.
Si les progrès sont notables, le défi de la traçabilité reste immense. La Côte d’Ivoire devra redoubler d’efforts pour répondre aux attentes internationales et garantir un avenir viable à son secteur cacaoyer.
La Rédaction

