Le Burundi intensifie son engagement militaire en République Démocratique du Congo (RDC), en envoyant un bataillon supplémentaire pour soutenir l’armée congolaise face aux attaques du groupe armé M23 et des troupes rwandaises. Ce renforcement, annoncé dans un contexte de tensions régionales, marque une nouvelle étape dans la coopération militaire entre Kinshasa et Bujumbura, déjà amorcée en octobre 2023.
Depuis plusieurs mois, l’armée burundaise est déployée dans l’Est de la RDC, principalement dans le Sud-Kivu autour de Bukavu, pour combattre le M23, un groupe armé soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises. Le Burundi, engagé dans un partenariat militaire avec la RDC, compte désormais environ 10 000 soldats déployés dans la région. Ce vendredi, en marge du sommet régional sur le conflit, une source sécuritaire a confirmé l’arrivée d’un bataillon supplémentaire dans l’Est de la RDC, portant à 16 le nombre total de bataillons burundais déployés.
Les forces burundaises, réparties sur plusieurs fronts, se préparent à répondre à une possible offensive du M23 sur Bukavu, alors que le groupe a récemment pris le contrôle de Goma, au Nord-Kivu. Par ailleurs, une autre partie des troupes burundaises est envoyée dans les zones de Fizi et Uvira, près de la frontière burundaise, pour contrer les rebelles du RED-Tabara, accusés par le Burundi de recevoir le soutien du Rwanda, une accusation que Kigali rejette fermement.
L’escalade de la violence dans l’Est de la RDC survient alors que le climat politique interne au Burundi se tend, à quelques mois des élections législatives prévues en juin 2025. Le président Evariste Ndayishimiye a récemment exprimé ses craintes d’une guerre régionale dans les Grands Lacs, évoquant des menaces potentielles du Rwanda, qu’il a qualifié d’“ennemi”. Cette dynamique influe sur la situation politique nationale, où l’opposition et la société civile dénoncent ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation ethnique du pouvoir en place.
Les tensions régionales se retrouveront au centre des discussions lors du sommet conjoint des communautés de l’Afrique de l’Est (EAC) et de l’Afrique Australe (SADC) à Dar es Salaam, prévu pour vendredi et samedi. Les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame y sont attendus, dans un contexte marqué par des rivalités géopolitiques croissantes, notamment entre le Rwanda et le Burundi, avec des implications potentiellement dramatiques pour la stabilité de la région.
La Rédaction

