Nouveau revers pour les partisans de la restitution des trésors africains : le prestigieux Museum of Fine Arts de Boston a fermé sa galerie consacrée au royaume du Bénin, mais n’a pas renvoyé les œuvres en Afrique. Au lieu de restituer ces pièces historiques au Nigeria, pays d’origine des célèbres bronzes du Bénin, le musée les a remises à Robert Owen Lehman, collectionneur américain et héritier de cette précieuse collection.
Parmi les objets concernés figurent plusieurs artefacts emblématiques, pillés lors du violent raid britannique de 1897 contre la ville de Bénin, aujourd’hui située dans le sud du Nigeria. Ce pillage, organisé par les forces coloniales, avait conduit à la dispersion massive de sculptures, plaques en bronze et objets rituels à travers l’Europe et l’Amérique.
Selon le Boston Globe, la direction du musée aurait initialement proposé à Lehman de procéder à une restitution des œuvres vers le Nigeria. Mais ce dernier s’y serait opposé, préférant que les artefacts lui soient restitués directement. Le musée s’est exécuté.
La décision choque, car elle va à rebours de la dynamique enclenchée ces dernières années par plusieurs institutions muséales à travers le monde, qui ont choisi de reconnaître la spoliation coloniale et de restituer des biens culturels à leurs pays d’origine. En 2022, l’Allemagne et la France avaient marqué les esprits en restituant plusieurs pièces majeures au Nigeria.
Le cas de Boston illustre une autre facette du débat : celle du droit de propriété dans un contexte d’héritage controversé. Si Lehman détient légalement ces œuvres, la légitimité morale de leur détention reste profondément contestée. Une tension entre loi et éthique qui continue d’empoisonner la restitution du patrimoine africain.
La Rédaction

