La Banque mondiale prolonge son plan climat, mais change de méthode
Le plan d’action climatique de la Banque mondiale, arrivé à échéance le 30 juin 2026, est prolongé sans limitation de durée. L’institution maintient ainsi son engagement en faveur du climat, mais abandonne les objectifs chiffrés qui structuraient jusqu’ici sa stratégie de financement.
Ces objectifs fixaient une part minimale des prêts et investissements devant être consacrés à des projets liés au climat. Ils avaient progressivement fait du climat un axe central des activités de la Banque mondiale ces dernières années.
Des résultats supérieurs aux objectifs initiaux
En 2025, la Banque mondiale a dépassé les seuils qu’elle s’était fixés, avec environ 48 % de ses financements orientés vers des projets climatiques, soit près de 51 milliards de dollars.
Une part importante de ces ressources a été dirigée vers les pays africains, dans le cadre de projets liés à l’énergie, à l’eau, aux infrastructures et à l’adaptation aux effets du changement climatique.
Malgré ces performances, l’institution a choisi de ne pas reconduire les objectifs chiffrés.
Un changement de doctrine sous pression des actionnaires
Cette évolution intervient dans un contexte de discussions internes entre les principaux actionnaires de la Banque mondiale, dont les États-Unis, favorables à une révision du cadre existant.
Lors de la Conférence de Hambourg sur le développement durable, le directeur général de la Banque mondiale, Paschal Donohoe, a défendu cette nouvelle approche, centrée sur le suivi des résultats plutôt que sur des pourcentages de financement.
Des inquiétudes sur le suivi des engagements climatiques
Plusieurs organisations de la société civile estiment que la disparition des objectifs chiffrés pourrait réduire la pression exercée sur les institutions financières internationales pour maintenir un niveau élevé de financements climatiques.
Oxfam met notamment en garde contre un possible recul des investissements dédiés à l’adaptation climatique dans les pays les plus vulnérables, en particulier en Afrique.
L’Afrique, principal bénéficiaire des financements climatiques
Ces dernières années, le continent africain a concentré une part importante des financements climatiques de la Banque mondiale.
Ces investissements ont notamment soutenu des projets dans les domaines de l’accès à l’énergie, de la gestion de l’eau, des infrastructures et de la résilience agricole.
Des pays comme le Niger, la Tanzanie et Madagascar figurent parmi les bénéficiaires de ces programmes.
Une transition encore en cours d’évaluation
La Banque mondiale affirme maintenir le climat comme une priorité structurelle de son action. Toutefois, l’abandon des objectifs chiffrés modifie la manière dont cet engagement sera désormais mesuré.
Reste à savoir si cette évolution se traduira par une plus grande efficacité des financements ou par une moindre lisibilité des engagements climatiques internationaux.
La Rédaction
Sources et références
- Banque mondiale
- Ajay Banga
- Paschal Donohoe
- Oxfam
- Conférence de Hambourg sur le développement durable
- Données publiques de la Banque mondiale sur les financements climatiques en Afrique

