Progrès concrets, vision commune et souveraineté renforcée : la capitale malienne devient le centre nerveux de l’intégration économique régionale.
Bamako a accueilli une mission de haut niveau qui réunit les directeurs généraux des douanes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, membres fondateurs de la Confédération des États du Sahel (AES). Durant trois jours, les travaux ont porté sur l’harmonisation douanière, considérée comme un levier essentiel de l’intégration économique entre les trois pays.
Point d’orgue de cette rencontre : une audience de travail tenue le vendredi 16 mai avec le Premier ministre malien, le général de Division Abdoulaye Maïga. L’objectif : dresser le bilan des avancées et fixer les prochaines étapes de la feuille de route AES 2024-2025.
Des résultats déjà mesurables
Selon les données partagées lors de la réunion, plus de 75 % des mesures prévues dans cette feuille de route ont déjà été mises en œuvre. Les trois administrations douanières ont harmonisé leurs procédures de dédouanement, mutualisé plusieurs outils techniques, et testé avec succès la coordination sur les principaux corridors transfrontaliers.
Résultat : les délais de passage aux frontières ont chuté de neuf à six jours sur l’axe stratégique Bamako-Ouagadougou. Les échanges formels entre les trois États ont connu une hausse de 11 % sur les quatre premiers mois de l’année 2025, un signal fort de l’efficacité des réformes engagées.
Une coopération guidée par la souveraineté économique
Amadou Konaté, Directeur général des Douanes du Mali, a salué le « travail remarquable accompli par les équipes tripartites », en parfaite adéquation avec les orientations des chefs d’État de l’AES. De son côté, le Premier ministre malien a insisté sur la nécessité de concevoir la douane comme une « frontière mobile et intelligente », outil central d’une souveraineté économique retrouvée, notamment face aux risques croissants d’évasion fiscale de groupes transnationaux.
Préparer l’après : AES et compatibilité régionale
Même suspendus des organes de la Cédéao, les pays de l’AES poursuivent leur volonté d’assurer la compatibilité de leurs nouvelles mesures avec le Tarif extérieur commun et les règles d’origine communautaires. Il s’agit de garantir la cohérence des échanges à l’échelle régionale tout en affirmant une autonomie fonctionnelle.
Une feuille de route ambitieuse pour 2025-2027
Les prochaines étapes porteront sur la finalisation de la feuille de route AES 2025-2027. Celle-ci prévoit la création de cellules mixtes de contrôle, l’interconnexion complète des systèmes informatiques aux postes-frontières, ainsi que l’élargissement du dispositif douanier aux recettes régionales secondaires.
À travers cette dynamique, Bamako confirme son rôle de catalyseur de l’intégration fonctionnelle du Sahel, dans un esprit de coopération pragmatique et de solidarité stratégique.
La Rédaction

