L’opposition camerounaise et la société civile ont récemment soumis à la présidence de la République un projet de révision consensuelle du code électoral. Présenté pour la deuxième fois, ce document vise à instaurer un dialogue avec les autorités à l’approche de l’élection présidentielle prévue dans huit mois.
Composé de 66 propositions, le texte a été transmis par voie officielle, contre décharge. Une première tentative ayant été ignorée, cette nouvelle démarche traduit la détermination des acteurs politiques à obtenir une réponse du chef de l’État. Ils espèrent enclencher une réflexion sur les réformes nécessaires pour garantir un processus électoral plus transparent et inclusif.
Depuis plusieurs années, la question de l’équité électorale alimente les débats politiques au Cameroun. L’opposition et la société civile plaident pour un cadre électoral plus juste, dénonçant l’inertie du pouvoir face aux demandes de réforme. Mais le silence des autorités renforce les doutes quant à la volonté de Paul Biya d’ouvrir la voie à un scrutin crédible.
Les initiateurs du projet insistent sur la nécessité d’une prise en compte des attentes exprimées afin de favoriser une évolution du cadre électoral. La session parlementaire à venir pourrait être une première occasion d’examiner ces propositions et d’engager des discussions concrètes.
Certains membres de la plateforme soulignent que l’opposition a rempli sa part du travail en structurant ses revendications et en s’assurant d’une transmission officielle du texte. Cette stratégie vise à garantir que les propositions ne soient pas ignorées et à contraindre le pouvoir à clarifier sa position.
Selon Koupit Adamou, député de l’UDC et porte-parole de l’initiative, cette relance vise à pousser le président à s’exprimer sur chaque point du projet. Les opposants espèrent ainsi dégager des convergences et lever d’éventuels obstacles avant l’échéance électorale. Dans un contexte où la légitimité du processus électoral est régulièrement remise en question, cette initiative pourrait constituer un test décisif pour la volonté démocratique du régime.
La Rédaction

