Le changement climatique pourrait réduire drastiquement la production de cultures vivrières, mettant en péril la sécurité alimentaire et la stabilité économique mondiale.
Climat et agriculture mondiale
Selon les toutes dernières projections du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), plus de neuf pays sur dix devraient connaître une baisse significative de leurs rendements agricoles d’ici la fin du siècle. Même dans les scénarios climatiques les plus optimistes et avec des stratégies d’adaptation, la tendance reste inquiétante pour la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale.
L’étude du PNUD, qui analyse 19 000 régions dans 176 pays, se concentre sur six cultures essentielles : maïs, riz, blé, soja, manioc et sorgho. Les résultats montrent que chaque degré Celsius supplémentaire de réchauffement pourrait réduire la production annuelle globale de ces cultures de 4,4 % par rapport aux besoins actuels. « Le changement climatique n’est pas seulement un défi environnemental, c’est une crise majeure pour le développement humain », avertit Pedro Conceição, spécialiste du développement humain au PNUD.
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Des pertes inégales selon les régions
Certaines régions sont particulièrement exposées. Aux États-Unis, principal producteur mondial de maïs, certaines zones pourraient voir leurs rendements chuter d’un tiers, menaçant l’avenir de la célèbre « ceinture du maïs ». En Afrique subsaharienne et dans certaines parties de l’Asie, les pertes pourraient être encore plus sévères, le manque de ressources et de technologies d’adaptation rendant la situation critique. Le Burkina Faso pourrait ainsi subir une baisse de rendement pouvant atteindre 46 % d’ici 2050.
Les pays producteurs de blé et de soja ne sont pas épargnés : dans les scénarios les plus pessimistes, les pertes pourraient atteindre 40 %, avec des répercussions directes sur les prix alimentaires, le commerce international et la stabilité sociale.
L’influence de la géographie et des conditions locales
Les régions habituées à des températures extrêmes montrent une certaine résilience, les agriculteurs ayant déjà adapté leurs pratiques à un climat hostile. À l’inverse, les zones côtières sont particulièrement vulnérables : la montée des eaux menace de submerger des terres agricoles entières. Le sud du Vietnam, par exemple, pourrait perdre jusqu’à 6 % de ses terres cultivables d’ici 2050 sans une protection renforcée du littoral.
Un enjeu central à la veille de la COP 30
Ces résultats rejoignent la Déclaration de Belém sur la faim, la pauvreté et l’action climatique centrée sur l’humain, adoptée à la veille de la COP 30 qui se tiendra au Brésil. Les experts soulignent l’importance de placer les systèmes alimentaires et l’équité au cœur des stratégies climatiques mondiales.
Le PNUD insiste également sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre : dans les scénarios où les émissions sont modérées, les pertes de récoltes prévues d’ici 2100 sont inférieures de moitié à celles des scénarios les plus pessimistes. « Garantir à chaque personne un accès à une alimentation suffisante, nutritive et fiable n’est pas seulement une question de survie ; c’est un fondement de la dignité humaine et du développement », conclut Pedro Conceição.
La Rédaction

