Téhéran — Alors que le président Masoud Pezeshkian annonçait solennellement la fin de la guerre de 12 jours contre Israël, les potences iraniennes, elles, n’ont pas attendu pour se remettre en action. Moins de 24 heures après le cessez-le-feu, trois hommes accusés d’espionnage pour le Mossad ont été pendus dans la prison d’Urmia. Une exécution triple qui marque la reprise officielle d’une campagne répressive menée dans l’ombre des bombardements.
Le 24 juin, à l’issue d’un conflit éclair déclenché par Israël, l’Iran proclamait la fin des hostilités. Le gouvernement parle de plus de 600 morts sur son sol, Israël dénombre 28 victimes de son côté. La trêve, facilitée par les efforts diplomatiques du Qatar et de l’administration Trump, a été annoncée de manière unilatérale par les deux camps. Mais à Téhéran, l’après-guerre ne rime pas avec apaisement.
Les pendaisons d’Azad Shojaei, Edris Aali et Rasoul Ahmad Rasoul, exécutés le 25 juin à l’aube, marquent un tournant glaçant. Accusés d’avoir collaboré avec les services secrets israéliens, les trois hommes ont été condamnés à mort à l’issue de procès expéditifs. Le régime les présente comme des agents impliqués dans une tentative d’assassinat contre des responsables iraniens. Aucune preuve n’a été rendue publique, et les audiences se sont déroulées à huis clos.
Ces exécutions ne sont pas isolées. Selon plusieurs agences de presse internationales, au moins huit pendaisons liées à des affaires d’espionnage ont eu lieu depuis le début du conflit le 13 juin. Le ministère iranien du Renseignement évoque près de 700 arrestations pour activités « anti-étatiques » ou soupçons de liens avec Israël.
L’Iran, régulièrement classé parmi les pays pratiquant le plus la peine de mort, intensifie visiblement son usage dans un contexte post-conflit. Les ONG de défense des droits humains dénoncent un usage systématique de la peine capitale pour étouffer la dissidence et terroriser la population. « Une justice d’État instrumentalisée à des fins de contrôle politique », résume un rapporteur de Human Rights Watch, interrogé sous couvert d’anonymat.
Pendant ce temps, à Jérusalem, Benjamin Netanyahu célébrait la victoire israélienne. Dans un discours adressé à la Knesset, le Premier ministre s’est félicité d’avoir « neutralisé la menace iranienne » et promis de poursuivre la pression sur le régime des mollahs. Mais si Israël savoure un succès militaire, l’Iran, lui, verrouille son propre territoire — non par la diplomatie ou la reconstruction, mais par la corde.
Dans les rues de Téhéran, les visages sont graves. Si les frappes ont cessé, la peur reste palpable. Le conflit extérieur semble s’être mué en une guerre intérieure, silencieuse et redoutablement efficace.
La Rédaction

