L’onde de choc de la guerre commerciale lancée par Donald Trump ne se limite pas aux grandes puissances. Alors que la Chine et l’Europe tentent de riposter, plusieurs pays africains se retrouvent pris dans un engrenage économique dont ils ne sont ni les instigateurs ni les bénéficiaires. Des géants comme l’Afrique du Sud et le Nigéria voient leurs exportations fragilisées, tandis que de petites nations comme le Lesotho subissent un étranglement brutal, révélant l’aveuglement d’une politique qui frappe sans discernement.
Un coup de massue sur le commerce africain
Sous couvert de « réciprocité », Donald Trump a décrété une hausse drastique des droits de douane visant les pays qui affichent un excédent commercial avec les États-Unis. En théorie, cette politique cible les grandes économies accusées de pratiques déloyales. En pratique, elle s’abat aussi sur des pays vulnérables, totalement dépendants de leur accès au marché américain.
Le cas du Lesotho illustre cette dure réalité. Ce petit royaume enclavé d’Afrique australe, dont le PIB dépasse à peine 2 milliards de dollars, a été frappé par une taxe commerciale record de 50 % sur ses exportations vers les États-Unis. Un chiffre absurde pour un pays dont les exportations annuelles vers Washington atteignent seulement 237 millions de dollars, essentiellement des diamants et des jeans Levi’s. Le prétexte ? Le Lesotho applique des droits de douane de 99 % aux produits américains. Une décision qui, dans un pays où l’industrie textile est l’un des principaux employeurs, risque de provoquer une crise sociale et économique majeure.
L’Afrique sous pression : du Lesotho au Nigéria
Si le Lesotho symbolise l’injustice de cette guerre commerciale, il n’est pas le seul touché. De grandes économies africaines voient elles aussi leurs échanges avec les États-Unis menacés.
•L’Afrique du Sud, qui exporte massivement du minerai et des métaux précieux, pourrait voir ses ventes de platine, de fer et de charbon lourdement taxées.
•Le Kenya, dont le secteur horticole dépend largement des exportations de fleurs et de légumes vers les États-Unis, risque de perdre une précieuse source de devises et d’emplois.
•Le Nigéria, déjà fragilisé par la volatilité des prix du pétrole, subit un coup supplémentaire avec la taxation de ses exportations énergétiques.
La fin de l’AGOA : un coup fatal pour l’Afrique ?
L’un des dommages collatéraux de cette politique est la remise en cause de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), un accord commercial qui permettait à plusieurs pays africains d’exporter vers les États-Unis sans droits de douane. La suppression de cet avantage prive brutalement l’Afrique d’un levier économique essentiel.
Pire encore, le démantèlement par l’administration Trump de l’agence USAID, qui finançait de nombreux programmes de développement, aggrave la situation. Au Lesotho, où l’un des taux d’infection au VIH/SIDA est parmi les plus élevés au monde, l’arrêt de cette aide pourrait avoir des conséquences humanitaires dramatiques.
l’Afrique en quête d’alternatives
Face à cette nouvelle donne, les pays africains n’ont d’autre choix que d’accélérer la diversification de leurs partenaires commerciaux. L’essor des relations économiques avec la Chine, l’Union européenne et les autres marchés émergents devient une nécessité vitale. Mais dans l’immédiat, la guerre commerciale imposée par Washington risque de plonger des millions d’Africains dans l’incertitude économique.
La Rédaction

