Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a décidé de retirer toutes les autorisations de reportage accordées aux journalistes de la chaîne Al Jazeera sur son territoire. Cette annonce a été faite par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, dans un courrier adressé au directeur général de la chaîne, Mostefa Souag.
Une décision aux répercussions diplomatiques
Dans une lettre datée de jeudi et envoyée au siège de la chaîne à Doha, Patrick Muyaya précise : « Je viens par la présente vous informer du retrait immédiat de toutes les autorisations de reportage en République démocratique du Congo, actuellement en cours de validité, qui ont été accordées à votre équipe. » Cette décision fait suite à la diffusion récente d’une interview de Bertrand Bisimwa, chef du M23, un groupe armé accusé d’avoir occupé de vastes territoires dans l’est de la RDC depuis fin 2021.
Contexte tendu dans l’est de la RDC
Le M23, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa, mène des offensives dans une région stratégique et riche en ressources naturelles, provoquant le déplacement de plus de 100 000 personnes en quelques semaines. Parallèlement, l’armée congolaise affirme intensifier ses contre-offensives pour regagner les territoires perdus, ce qui a donné lieu à de violents combats.
Al Jazeera accusée de manque de déontologie
Lors d’une conférence de presse, Patrick Muyaya a sévèrement critiqué Al Jazeera pour avoir offert une tribune au leader d’un « mouvement terroriste ». Il a également dénoncé le choix de confier l’interview à une « chercheuse militante notoirement connue pour ses positions pro-rwandaises », une personne qui, selon lui, n’était ni accréditée ni en possession d’un visa valide pour travailler en RDC.
Cette mesure soulève des questions sur la liberté de la presse dans le pays, tout en reflétant la tension croissante entre Kinshasa et ses voisins, notamment le Rwanda, accusé de soutenir les activités du M23.
La Rédaction

