Une densité médicale en dessous des normes
La sonnette d’alarme est tirée par l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) : avec une densité moyenne de 0,73 professionnel de santé pour 1 000 habitants, l’Afrique de l’Ouest est bien en deçà du seuil de 2,28 recommandé par l’OMS. Une statistique lourde de conséquences pour une région qui abrite plus de 430 millions de personnes.
Une urgence sanitaire sous-évaluée
Pour répondre aux standards internationaux tels que le Règlement Sanitaire International (RSI) et le Programme de Sécurité Sanitaire Mondiale (GHSA), la CEDEAO devrait pouvoir compter sur au moins 2 200 épidémiologistes de terrain. Or, à peine 35 % de cet objectif est atteint, selon les chiffres de l’OOAS.
Un appel collectif à repenser les ressources humaines
Lors d’une réunion entamée lundi à Lomé, le Dr Melchior Athanase Aïssi, directeur général de l’OOAS, a résumé l’ampleur des défis :
« Les problèmes liés aux carrières médicales, à la qualité des formations, au développement professionnel, aux conflits internes et à la fidélisation du personnel entravent gravement les progrès. »
Si certains États membres tentent d’optimiser les ressources disponibles, les résultats restent inégaux et les initiatives tardent à produire des effets durables.
Des plans mais peu d’exécution
La CEDEAO a pourtant adopté plusieurs mesures concrètes :
• Un plan régional d’incitation et de fidélisation, surtout en zones rurales.
• Le programme E-MED, mobilisant des experts de la diaspora pour former, encadrer et renforcer les équipes locales.
• Un soutien financier pour harmoniser les curricula, octroyer des bourses dans les spécialités critiques et élaborer des manuels standardisés.
• Un plan régional de formation pour aligner les pratiques et garantir une cohérence entre pays membres.
Lomé, capitale de la coordination sanitaire
La rencontre de Lomé met l’accent sur un chantier central : la révision du Programme de Formation en Épidémiologie de Terrain (FETP). Objectif : former rapidement des épidémiologistes opérationnels, capables de prévenir, détecter et contenir les futures crises sanitaires. Des experts, décideurs et partenaires internationaux planchent sur un cadre commun de formation adapté aux réalités locales.
Une pénurie chronique qui fragilise la résilience
La carence en personnel de santé est un frein structurel à toute amélioration durable des indicateurs de santé publique en Afrique de l’Ouest. Tant que cette question ne sera pas traitée à la racine — formation, rétention, valorisation des carrières — la région restera vulnérable aux épidémies et incapable de répondre efficacement aux urgences sanitaires.
La Rédaction

