Une enquête indépendante menée dans douze plantations en Afrique et en Asie confirme les abus reprochés depuis des années à la Société financière des caoutchoucs (Socfin). Cette holding luxembourgeoise, active dans la production d’huile de palme et de caoutchouc naturel, est mise en cause pour accaparement de terres, dégradations environnementales, conditions de travail abusives et violences sexuelles.Commandée en 2023 par Socfin elle-même, l’enquête a été confiée à la fondation indépendante Earthworm Foundation. Les conclusions, rendues publiques en juillet 2025, révèlent que la majorité des 139 plaintes déposées par des communautés locales sont fondées ou partiellement fondées. Les investigations couvrent les opérations de la société au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Liberia, au Nigeria et en Sierra Leone.Au Cameroun, les activités de la Safacam – filiale de Socfin – avaient déjà suscité de vives critiques, notamment autour du lac Ossa. En Sierra Leone ou au Liberia, des témoignages ont pointé de graves violations des droits humains sur les sites d’exploitation.En réponse, Socfin affirme avoir lancé des plans d’action correctifs. Toutefois, 33 ONG internationales dénoncent dans un communiqué, daté du 1er juillet 2025, l’absence totale de consultation des communautés concernées. Pour elles, la mise en œuvre des réformes annoncées doit impliquer les victimes, et non rester un exercice unilatéral. Elles exigent une refonte du processus et une transparence accrue sur les prochaines étapes.Ce nouveau rapport jette une lumière crue sur les zones grises de l’agro-industrie mondiale, où la course au profit se heurte aux droits fonciers, humains et environnementaux des populations locales.
La Rédaction

