L’élection au Conseil de la Confédération Africaine de Football (CAF) vient de redistribuer les cartes du pouvoir. Plusieurs figures influentes du football africain se retrouvent écartées, laissant place à de nouveaux visages. Entre luttes d’influence, surprises électorales et stratégies de coulisses, ces résultats reflètent un paysage en pleine mutation.
Des départs qui marquent un tournant
Le scrutin a confirmé l’éviction de plusieurs figures historiques de l’instance. Le Malien Mamoutou Touré, connu sous le surnom de « Bavieux », n’a pas pu défendre sa place. Son incarcération pour des accusations de détournement de fonds et de falsification de documents l’a empêché de briguer un nouveau mandat, scellant ainsi son absence.
De son côté, le Béninois Mathurin de Chacus a préféré se retirer à la dernière minute, évitant une défaite annoncée après un mandat jugé sans relief. Autre revers marquant, celui de la Sierra-Léonaise Isha Johansen, qui a échoué à convaincre les votants. Malgré une influence certaine, elle n’a recueilli que 7 voix, bien loin de son adversaire, Kanizat Ibrahim.
L’élection a aussi été fatale au Nigérian Amaju Pinnick, qui n’a perdu que d’une courte tête. Cet ancien poids lourd, connu pour ses réseaux et sa capacité à naviguer dans les cercles de pouvoir, voit son influence fortement réduite.
Des ambitions contrariées
Parmi les autres battus, Me Augustin Senghor, le président de la Fédération sénégalaise de football, n’a pas réussi à s’imposer malgré son expérience et son parcours respecté. Avec seulement 13 voix obtenues, il quitte la scène décisionnelle de la CAF après avoir longtemps espéré y jouer un rôle central.
Même déconvenue pour l’Ivoirien Yacine Idriss Diallo, dont la montée en puissance dans le football africain n’a pas suffi à convaincre. Le Zambien Andrew Kamanga, pourtant soutenu par le COSAFA (Conseil des associations de football en Afrique australe), n’a pas non plus su transformer son ancrage régional en une victoire.
Une nouvelle dynamique en marche
Ces résultats traduisent un changement profond au sein de la CAF. L’équilibre des forces évolue, avec une influence politique grandissante qui semble parfois prendre le pas sur les performances sportives. Alors que certains piliers du football africain quittent la scène, de nouveaux profils émergent, porteurs d’ambitions et de stratégies inédites.
Cette recomposition du Conseil façonnera-t-elle une nouvelle gouvernance plus efficace ? Ou marquera-t-elle l’entrée dans une ère où les jeux d’influence primeront sur la vision sportive ? L’avenir du football africain se joue, plus que jamais, en dehors du terrain.
La Rédaction

