Le secteur de l’assurance en Afrique reste marqué par une faible pénétration. Avec seulement 1% des primes d’assurance mondiales, le continent enregistre l’un des plus bas taux de pénétration au monde. Deux pays, l’Afrique du Sud et le Maroc, concentrent à eux seuls 76,9% des primes émises sur le continent, soulignant un déséquilibre significatif.En 2023, le volume total des primes d’assurance (vie et non-vie) émises en Afrique était de 63,56 milliards de dollars, marquant un recul par rapport aux 67,32 milliards de 2022. Cela représente seulement 0,9% du marché mondial, malgré le fait que l’Afrique abrite 17% de la population mondiale et contribue à hauteur de 2,7% au PIB mondial. Le taux de pénétration de l’assurance reste limité à 3,5%, avec une prime moyenne de seulement 46 dollars par habitant.Disparités et concentration du marchéLes disparités entre les pays sont importantes. Le rapport 2023-2024 de l’Organisation des Assurances Africaines (OAA) révèle que les neuf principaux marchés africains représentent 93,3% des primes émises sur le continent, légèrement moins qu’en 2022. L’Afrique du Sud domine ce paysage, accaparant 68,2% des primes émises, soit un total de 43,3 milliards de dollars. Le Maroc suit avec une part de marché de 8,7% et un volume de 5,52 milliards de dollars.Cette domination est reflétée dans le classement des plus grandes compagnies d’assurance. En 2022, dix des quinze premières entreprises étaient sud-africaines, tandis que cinq étaient marocaines. Les géants sud-africains comme Sanlam, Old Mutual Life et Liberty Group occupent les premières places, tandis que Wafa Assurance est le leader marocain.Assurance-Vie et Non-Vie : des segments contrastésL’assurance-vie reste le segment dominant, avec des primes atteignant 42,9 milliards de dollars en 2023, soit 1,5% des primes mondiales d’assurance-vie. L’Afrique du Sud domine ce secteur avec 34,83 milliards de dollars, représentant 81,2% du total des primes vie du continent. Le Maroc, avec 2,55 milliards de dollars, occupe la deuxième place, suivi de l’Égypte et du Kenya.Le segment de l’assurance non-vie, qui couvre des risques matériels et des responsabilités diverses, totalisait 20,59 milliards de dollars en 2023, en baisse de 3,2% en raison de la dépréciation des devises. Ce segment ne représente que 0,5% du marché mondial, avec une prime par habitant de 15 dollars. L’Afrique du Sud reste en tête avec 8,52 milliards de dollars de primes, suivie du Maroc à 2,97 milliards de dollars.Perspectives d’avenir et défisMalgré sa faible maturité, le secteur de l’assurance en Afrique pourrait connaître une croissance grâce à divers facteurs : l’émergence de la classe moyenne, l’urbanisation rapide, l’innovation dans la distribution des produits et l’augmentation des catastrophes naturelles. Pour réussir, les compagnies d’assurance devront améliorer la gouvernance, adapter leurs offres aux réalités locales et renforcer la compétence de leur personnel.
La Rédaction

