La République démocratique du Congo s’apprête à franchir un cap stratégique dans la modernisation de ses infrastructures urbaines. Un prêt de 100 millions de dollars accordé par le gouvernement du Japon va soutenir la refonte du système de transport de Kinshasa, métropole de plus de 15 millions d’habitants, régulièrement asphyxiée par les embouteillages.
L’annonce a été confirmée à l’issue d’une séance de travail tenue le 20 février 2026 entre le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, et Keiichi Okitsu, représentant résident de la JICA (Agence japonaise de coopération internationale). Au cœur des échanges : l’actualisation du plan directeur des transports urbains de Kinshasa.
Un plan directeur remis à niveau
Le document stratégique, élaboré en 2018, avait déjà fait l’objet d’études préliminaires entre 2022 et 2023. Il s’agit désormais d’intégrer les données actualisées — croissance démographique, extension urbaine, pression accrue sur les axes structurants — afin de passer à la phase opérationnelle.
Cette mise à jour conditionne le décaissement effectif du prêt japonais. Les autorités congolaises doivent finaliser les études techniques et boucler les procédures administratives requises.
Des chantiers ciblés pour désengorger la capitale
Parmi les infrastructures prioritaires figurent :
•La modernisation et l’élargissement de l’avenue Université
•La construction d’un échangeur au niveau du Rond-point Ngaba
•L’aménagement d’une voie stratégique de décongestion
Ces travaux visent à corriger des goulets d’étranglement majeurs dans une ville où les ralentissements chroniques pèsent lourdement sur la productivité économique et la qualité de vie.
Le ministre John Banza Lunda a insisté sur l’exigence de solutions durables, conformes aux standards de qualité japonaise. Le prêt, déjà acquis sur le principe, reste cependant soumis à la validation finale des études et autorisations administratives.
Vers un partenariat élargi
En parallèle, les autorités congolaises explorent une extension du projet relatif à l’avenue Université. L’objectif est d’associer la Banque africaine de développement (BAD) afin d’élargir le périmètre d’intervention et renforcer l’impact structurel du programme.
Si les procédures sont accélérées comme souhaité, le chantier pourrait marquer un tournant dans la gouvernance urbaine de Kinshasa. Au-delà du financement, c’est la crédibilité des engagements d’infrastructure à grande échelle qui se joue.
La Rédaction

