À partir du 5 juin 2026, Abidjan accueille RIANA 2026, un rendez-vous consacré aux liens entre création artistique et intelligence artificielle. Entre débats, œuvres immersives et expérimentations numériques, l’événement interroge la manière dont les créateurs africains s’approprient les nouvelles technologies pour réinventer leurs pratiques et esquisser les formes culturelles de demain.
D’après le programme de la Jacobleu Art Gallery, l’ensemble des célébrations s’étend du 4 au 6 juin 2026. Le 4 juin est consacré à une phase d’ouverture comprenant une projection et un vernissage privé, tandis que les RIANA proprement dites — panels, exposition dédiée à l’intelligence artificielle et vernissage public — se déploient principalement les 5 et 6 juin.

Abidjan, laboratoire des hybridations entre art et IA
C’est dans le quartier des Deux-Plateaux, à Aghien, que la Jacobleu Art Gallery devient, le temps de trois jours, un espace d’expérimentation à ciel ouvert. RIANA 2026 (Rencontres internationales des arts numériques et visuels d’Abidjan) y réunit artistes, chercheurs, juristes, spécialistes des technologies et acteurs culturels autour d’un même champ de tension : la place grandissante de l’intelligence artificielle dans la création contemporaine.
L’événement s’inscrit dans un mouvement plus large qui traverse désormais les scènes artistiques africaines : celui d’une appropriation rapide et souvent intuitive des outils d’IA générative, utilisés autant comme instruments de production que comme objets de réflexion critique.
Quand l’IA devient matière artistique
Le programme met en lumière des œuvres où la frontière entre auteur, machine et algorithme devient poreuse. Les courts-métrages générés par intelligence artificielle de Juliana Koffi et Stéphane Désiré Kouassi interrogent la notion même de narration visuelle, tandis que les peintures augmentées de Benie Jacques et Daoud Haifa explorent les possibilités de transformation de l’image traditionnelle par les outils numériques.
Ces propositions ne relèvent pas seulement de l’innovation technique. Elles traduisent aussi une reconfiguration des imaginaires artistiques, où l’outil algorithmique devient un partenaire de création autant qu’un objet de débat éthique et esthétique.

Un espace de débat sur les mutations culturelles
Au-delà des œuvres, RIANA 2026 consacre une large place à la réflexion théorique et aux échanges interdisciplinaires. Les panels réunissent experts en communication, juristes et spécialistes de l’intelligence artificielle pour interroger les transformations en cours : propriété des œuvres générées, statut de l’auteur, circulation des images et redéfinition des pratiques créatives.
Dans ce cadre, Abidjan s’affirme comme un point de convergence régional pour les discussions autour du numérique et de la culture, dans un contexte où les industries créatives africaines cherchent à se positionner dans les chaînes globales de production technologique.
Une scène artistique en recomposition
Ce type d’événement témoigne d’une dynamique plus large : celle d’une scène artistique africaine en pleine recomposition, où les outils numériques ne sont plus seulement importés, mais réinterprétés, détournés et parfois réinventés.
RIANA 2026 s’inscrit ainsi dans une trajectoire où la création ne se limite plus à l’objet final, mais englobe les processus, les systèmes et les technologies qui la rendent possible. Une évolution qui ouvre autant de perspectives que de questionnements sur l’avenir de la création à l’ère des intelligences artificielles.
La Rédaction

