Le paysage financier africain est en pleine mutation, marqué par une adoption croissante des systèmes de paiement instantané inclusifs (SIIPS). Selon le dernier rapport d’AfricaNenda, présenté à Accra, le continent comptait en 2023 un total de 31 SIIPS en activité, comprenant 28 systèmes nationaux et 3 régionaux. Ces infrastructures ont permis de réaliser 49 milliards de transactions, pour une valeur totale de 1 036 milliards de dollars, enregistrant une progression annuelle moyenne de 39 % depuis 2019.
Une dynamique continentale sans précédent
Deux nouveaux systèmes nationaux ont vu le jour en 2023 : KWiK en Angola et LeSwitch au Lesotho, portant à 20 le nombre de pays africains dotés de cette technologie. Les systèmes régionaux tels que GIMACPAY (CEMAC), PAPSS (zone monétaire ouest-africaine) et TCIB (CDAA) renforcent cette dynamique, favorisant des transactions transfrontalières rapides et inclusives.
Les SIIPS offrent des paiements irrévocables en temps quasi réel, accessibles à toute heure, tout en visant une inclusivité maximale. Ces plateformes permettent aux particuliers, entreprises, gouvernements et fournisseurs de services financiers, bancaires ou non bancaires, de participer activement au système économique.
Inclusion financière et gouvernance équitable
L’efficacité des SIIPS repose sur deux piliers essentiels : l’accessibilité fonctionnelle, qui garantit un accès facile aux utilisateurs finaux, et une gouvernance équitable, assurant à tous les fournisseurs agréés une participation sans discrimination. Pour Sabine Mensha, Directrice générale adjointe d’AfricaNenda, ces systèmes ne se limitent pas à des solutions techniques, mais sont des leviers de transformation sociale et économique pour le continent.
Des défis persistants malgré des avancées majeures
Le rapport souligne également le retrait de trois systèmes – SYRAD (Djibouti), NamPay (Namibie) et le réseau de paiement instantané de Somalie – pour des raisons liées à l’incompatibilité avec les standards d’un SIIPS inclusif, comme l’indisponibilité permanente ou l’absence de certaines fonctionnalités clés.
Si les progrès réalisés sont significatifs, des obstacles subsistent. L’interopérabilité régionale, la baisse des coûts de transaction et le renforcement des mécanismes de protection des utilisateurs figurent parmi les enjeux majeurs. Toutefois, les réformes réglementaires et les investissements dans les infrastructures numériques devraient permettre de surmonter ces défis.
Une ambition partagée pour l’inclusion financière
Pour Dr Robert Ochola, Directeur général d’AfricaNenda, l’inclusion financière est essentielle pour transformer structurellement l’Afrique. Il insiste sur la nécessité de fournir aux populations les outils financiers indispensables pour les autonomiser, comme l’accès à des portefeuilles numériques.
Dans cette perspective, les SIIPS apparaissent comme un élément central, offrant des solutions sécurisées et inclusives au-delà des frontières. Stephen Karingi, responsable à la Commission économique pour l’Afrique, souligne leur rôle stratégique dans le développement régional, appelant à une adoption accélérée pour un impact durable.
La Rédaction

