Malgré les efforts internationaux pour promouvoir l’égalité, la discrimination ethnique reste une réalité persistante en Afrique. Une étude menée par Afrobarometer entre 2021 et 2023, sur un échantillon de 46 269 personnes réparties sur 33 pays africains, révèle un constat préoccupant : de nombreux citoyens continuent de se sentir victimes d’un traitement injuste en raison de leur appartenance ethnique. Ce phénomène soulève des questions fondamentales sur la manière dont les gouvernements abordent la question de l’égalité pour tous.
La réalité de la discrimination ethnique
D’après les résultats de l’enquête, 41 % des répondants estiment que leur gouvernement traite “parfois” (24 %), “souvent” (10 %) ou “toujours” (7 %) les membres de leur groupe ethnique de façon injuste. Ces chiffres soulignent non seulement l’ampleur du phénomène, mais aussi ses effets dévastateurs sur le quotidien des citoyens. En particulier, les populations les plus défavorisées semblent être davantage exposées à cette discrimination : 49 % des pauvres rapportent des actes de discrimination ethnique, contre seulement 33 % parmi les plus riches.
Les pays les plus touchés
Les récentes campagnes de nettoyage ethnique au Soudan et en Éthiopie ont attiré l’attention internationale sur les violences liées à l’appartenance ethnique, mais ces cas extrêmes ne sont pas les seuls. Le Nigeria, par exemple, où 44 % des personnes interrogées signalent des discriminations ethniques fréquentes, témoigne de la profondeur du problème dans de nombreux pays. D’autres nations, telles que l’Éthiopie (31 %), le Malawi (30 %), la Guinée (27 %), le Mozambique (26 %) et le Cameroun (26 %), connaissent également des niveaux alarmants de discrimination ethnique.
Des lueurs d’espoir
Cependant, il existe des pays où les perceptions de la discrimination ethnique sont moins présentes. Madagascar, la Tanzanie et le Mali se distinguent avec des taux de 92 %, 85 % et 79 %, respectivement, de citoyens affirmant que leur groupe ethnique n’est jamais victime de traitement injuste. Bien que ces exemples restent minoritaires, ils offrent un éclairage sur la possibilité d’une société où la discrimination ethnique est moins omniprésente.
Une tendance inquiétante
Néanmoins, le phénomène semble prendre de l’ampleur. Depuis 2016/2018, les signalements de discrimination ethnique par les gouvernements ont augmenté de huit points de pourcentage dans 25 pays africains. Cette tendance indique que, loin de reculer, la discrimination semble s’installer durablement dans certains pays, malgré les efforts pour l’endiguer.
Vers une société plus juste ?
Au lendemain de la Journée Zéro Discrimination (1er mars), cette enquête nous rappelle que l’égalité reste une promesse lointaine pour de nombreux Africains. Alors que des progrès ont été réalisés dans certains pays, la discrimination ethnique continue de miner les sociétés africaines. Les gouvernements doivent impérativement adopter des politiques publiques plus audacieuses et renforcer les mécanismes de lutte contre la discrimination pour construire une Afrique plus inclusive et équitable.
La route reste semée d’embûches, mais chaque prise de conscience et chaque action en faveur de l’égalité est un pas vers un avenir meilleur, où l’appartenance ethnique ne dictera plus le destin de millions d’Africains.
La Rédaction

