Un rapport de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) décrit une crise sécuritaire persistante au Nigeria, marquée par des violences attribuées à des groupes armés et des déplacements massifs de populations dans plusieurs régions du pays.
Un pays confronté à une mosaïque de groupes armés
Selon ce rapport publié en 2026, environ 30 000 combattants armés seraient actifs sur le territoire nigérian, opérant en groupes dispersés de tailles variables. Ces acteurs non étatiques seraient impliqués dans une série d’attaques violentes touchant principalement le centre du pays, mais aussi certaines zones du sud.
L’USCIRF indique que ces violences ont des conséquences lourdes sur la stabilité nationale, alimentant à la fois les tensions communautaires et les violations des libertés religieuses.
Des attaques aux victimes multiples et des déplacements massifs
Le document évoque des violences ayant touché différentes communautés, sans distinction systématique de religion. Si certaines attaques visent des populations chrétiennes, des musulmans sont également victimes de meurtres, d’enlèvements et de raids armés.
Les violences attribuées à ces groupes armés auraient provoqué le déplacement d’environ 1,3 million de personnes, contraintes de vivre dans des camps surpeuplés où les conditions sanitaires et sécuritaires restent précaires.
Une insécurité enracinée dans le centre du Nigeria
Les régions du Middle Belt et certaines zones du sud figurent parmi les plus affectées. Le rapport décrit des attaques nocturnes menées contre des villages isolés, impliquant des armes automatiques et des armes blanches, avec pour objectif la prise de contrôle de territoires ruraux.
Plusieurs épisodes violents survenus en 2025 et au début de 2026 sont cités, notamment dans les États de Benue, Plateau, Kaduna et Niger, où des centaines de victimes ont été recensées dans des attaques successives.
Des violences à forte dimension communautaire et religieuse
Certaines attaques auraient été menées lors de périodes religieuses sensibles, notamment pendant des fêtes chrétiennes, accentuant l’impact psychologique sur les populations.
Le rapport évoque également des enlèvements visant des fidèles dans des lieux de culte, ainsi que des attaques contre des communautés rurales pendant des périodes de rassemblements religieux.
Dans certains cas, des fidèles musulmans ont aussi été ciblés, notamment lors d’enlèvements dans des mosquées, confirmant la complexité des dynamiques locales.
Des groupes armés fragmentés et des alliances variables
L’USCIRF souligne que ces groupes ne disposent pas d’une structure centralisée unique. Certaines factions agiraient de manière autonome, tandis que d’autres collaboreraient ponctuellement avec des réseaux criminels ou des groupes extrémistes.
Les motivations évoquées seraient multiples : conflits fonciers, tensions économiques, logiques de prédation et, dans certains cas, dimensions identitaires ou religieuses.
Des critiques sur la réponse sécuritaire des autorités
Le rapport met également en cause la réactivité des forces de sécurité nigérianes, jugée parfois insuffisante ou tardive lors des attaques.
Des accusations de partialité dans certaines opérations sécuritaires sont également rapportées par des organisations religieuses, sans qu’un consensus ne soit établi sur ces affirmations.
Des initiatives de réponse encore fragiles
Face à la crise, plusieurs initiatives ont été engagées. Des États fédérés ont lancé des projets d’aménagement de ranchs pour encadrer l’élevage et réduire les conflits liés à l’accès aux terres et aux ressources.
Au niveau fédéral, des opérations de sécurité ont permis la libération de centaines d’otages et l’arrestation de plusieurs suspects, tandis que certaines autorités ont renforcé la qualification terroriste de groupes armés impliqués dans des violences.
Une crise durable et difficile à stabiliser
Malgré ces mesures, le rapport conclut que l’insécurité reste profondément enracinée dans plusieurs régions du Nigeria central. La coexistence de facteurs communautaires, économiques et sécuritaires rend la situation particulièrement complexe à résoudre.
Les experts estiment que la stabilisation durable dépendra autant de la réponse sécuritaire que de la capacité des autorités à réduire les tensions liées à l’accès aux terres et à renforcer la cohésion sociale.
La Rédaction

