Près de 20 millions de dollars restent impayés par le Bénin, le Togo et le Niger pour l’électricité fournie par le Nigeria au premier semestre 2025, menaçant la stabilité énergétique régionale et la trésorerie des distributeurs nigérians.
Alors que l’Afrique de l’Ouest aspire à une intégration énergétique plus forte, le Nigeria expose une fragilité majeure : ses voisins accumulent des dettes massives pour l’électricité fournie, compromettant non seulement les finances des producteurs nigérians mais aussi la fiabilité des réseaux régionaux.
Les rapports Q1 et Q2 2025 de la Nigerian Electricity Regulatory Commission (NERC) révèlent une situation préoccupante : Bénin, Togo et Niger doivent un total de 19,97 millions de dollars pour l’électricité fournie au premier semestre 2025. Une partie seulement de ces sommes a été réglée, accentuant la pression sur les distributeurs nigérians (DisCos) et les sociétés de production (GenCos).
Le Bénin, via la SBEE, n’a procédé à aucun paiement pour les factures cumulées de plus de 5 millions de dollars. Le Togo, avec la CEET, a réglé seulement 0,63 million sur 3,94 millions de dollars, et le Niger, par le biais de NIGELEC, accumule également d’importants arriérés. Pour la NERC, ces dettes ne sont pas de simples chiffres : elles traduisent une crise de recouvrement généralisée qui menace la trésorerie des acteurs clés et la continuité des exportations d’électricité.
Au-delà du volet financier, cette situation expose les fragilités structurelles du marché énergétique régional. Les rapports pointent les inefficacités dans la facturation, la collecte et le suivi contractuel des dettes transfrontalières, frein majeur à l’intégration énergétique ouest-africaine. La question prend une dimension politique, interpellant les gouvernements voisins sur leur capacité à honorer leurs engagements et à soutenir la coopération énergétique.
La NERC propose plusieurs pistes : renforcer le cadre réglementaire, appliquer des sanctions en cas de retard de paiement, et instaurer un suivi strict des transactions transfrontalières. Mais le défi reste colossal : transformer une dette accumulée en un signal d’alerte pour repenser durablement la coopération énergétique de toute une région.
Le Bénin, le Togo et le Niger se trouvent aujourd’hui sous les projecteurs pour leurs dettes colossalesenvers le Nigeria. Cette situation rappelle que l’électricité n’est pas seulement un service vital, mais un enjeu stratégique et politique pour l’Afrique de l’Ouest. La NERC, par ses rapports, sonne l’alerte : sans régularisation rapide, c’est toute la stabilité énergétique régionale qui pourrait vaciller.
La Rédaction

