Un sommet historique CEMAC-CEEAC prévu à Yaoundé le 18 juillet 2025 pour finaliser la fusion des deux institutions.
Depuis le 2 juillet, les capitales de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) bruissent d’une même rumeur : celle d’un tournant décisif dans l’intégration régionale. Le 18 juillet prochain, Yaoundé, capitale du Cameroun, accueillera un sommet conjoint CEMAC-CEEAC, à l’initiative du président Paul Biya, mandaté par l’Union africaine pour conduire la rationalisation des communautés économiques en Afrique centrale.
Vers la naissance d’une nouvelle architecture régionale
À l’ordre du jour : la création d’une unique communauté économique régionale sur les fondations de la CEMAC et de la CEEAC, deux institutions jusqu’ici parallèles. L’objectif est clair : mettre fin au double emploi institutionnel et redonner de la cohérence au projet d’intégration sous-régionale. Ce chantier n’est pas nouveau : dès 2007, à Brazzaville, la fusion avait été évoquée, avant d’être officiellement entérinée à Kinshasa en 2009. Seize ans plus tard, Yaoundé pourrait être la scène d’un aboutissement historique.
Une intégration pensée autour de priorités stratégiques
Ce sommet devra poser les bases de la future entité régionale : définition des organes constitutifs, élaboration des mécanismes de fonctionnement, mais aussi clarification des axes d’intégration prioritaires, notamment dans les domaines du commerce intra-régional, de la libre circulation, de la sécurité, des politiques budgétaires et monétaires, ou encore de la santé.
Une grande école communautaire en projet
Autre annonce majeure attendue : la création d’une grande école communautaire de formation, regroupant plusieurs centres d’excellence existants. Sont notamment évoqués l’ISSEA (Institut sous-régional de statistique et d’économie appliquée) au Cameroun, l’ISTA (Institut multisectoriel de technologie appliquée) au Gabon, la CIESPAC (santé publique) à Brazzaville, ou encore l’ERFMNI(navigation intérieure) en RDC.
Une rationalisation portée par la volonté politique
La CEMAC et la CEEAC comptent ensemble une dizaine de pays, souvent confrontés à des défis identiques, mais divisés par des stratégies d’intégration parfois concurrentes. En harmonisant les cadres et en mutualisant les efforts, cette fusion vise à renforcer la compétitivité de l’Afrique centrale face aux autres blocs régionaux africains comme la CEDEAO ou la SADC.
Pour Yaoundé, ce sommet pourrait aussi être une vitrine politique. Le président Paul Biya, doyen des chefs d’État africains, entend marquer de son sceau cette réorganisation, dans un contexte continental marqué par une pression croissante pour la simplification des structures régionales.
La Rédaction

