L’Afrique et l’Europe représentent ensemble près de deux milliards de personnes et un tiers des États membres de l’ONU, mais leur potentiel commun reste largement sous-exploité. Les flux financiers illicites, le déficit d’investissements dans les secteurs stratégiques et les modèles traditionnels d’aide ont freiné jusqu’ici la capacité de ces continents à bâtir un partenariat véritablement autonome et durable.
Repenser le modèle de coopération
Les experts et institutions africaines et européennes soulignent la nécessité d’un changement radical : passer de l’aide classique à une coopération fondée sur le leadership partagé, le co-investissement et la mobilisation coordonnée des capitaux publics et privés. L’objectif est clair : produire un impact concret et durable, compatible avec les impératifs climatiques et les besoins du développement humain. La santé, l’énergie et l’économie bleue apparaissent comme des secteurs prioritaires où cette approche peut produire des résultats tangibles.
Santé et énergie : des terrains d’expérimentation
Les progrès récents dans la production vaccinale et la recherche collaborative illustrent la capacité des deux continents à bâtir une sécurité sanitaire commune. Dans le domaine énergétique, l’Afrique, malgré son potentiel solaire immense, ne reçoit encore qu’une fraction des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables. Une mobilisation conjointe des ressources européennes et africaines pourrait favoriser le développement d’une économie verte partagée et renforcer l’autonomie énergétique du continent.
L’économie bleue : un levier sous-exploité
L’économie océanique représente un potentiel stratégique pour l’Afrique et l’Europe. La mise en œuvre de feuilles de route communes, comme l’Africa-Europe Ocean Roadmap, vise à développer une gouvernance maritime intégrée et une exploitation durable des ressources océaniques. Cette coopération pourrait non seulement stimuler la croissance économique mais également renforcer la résilience écologique et sociale des zones côtières.
Le Togo, exemple concret
Le Togo illustre cette dynamique à l’échelle nationale. Grâce à des investissements ciblés et à la modernisation de ses infrastructures portuaires et routières, le pays consolide son rôle de plateforme logistique régionale. Le corridor Abidjan–Lagos, projet clé du partenariat UA–UE, traverse le Togo et reflète les effets tangibles d’une coopération mieux structurée, où les investissements européens soutiennent la connectivité et le commerce intra-régional.
Un appel à l’action
Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et un multilatéralisme fragilisé, le 7ᵉ Sommet UA–UE à Luanda doit permettre de transformer les intentions en actions concrètes. La mise en place d’un mécanisme permanent de suivi des engagements et la mobilisation coordonnée des fonds publics et privés sont essentielles pour que ce partenariat produise des résultats tangibles dès aujourd’hui, au bénéfice des citoyens africains et européens.
La Rédaction

