L’essor économique de l’Afrique passe par l’intégration régionale facilitée par des projets de corridors de transport. Ces infrastructures sont des catalyseurs d’ouverture des frontières et de stimulation des échanges intra-africains. Parmi les projets les plus emblématiques figurent le Lapsset, le corridor ferroviaire de Lobito et l’autoroute Abidjan-Lagos. Certains de ces chantiers n’en sont qu’à leurs débuts, tandis que d’autres avancent à grands pas.
Le manque d’infrastructures de transport et de logistique, particulièrement en Afrique subsaharienne, demeure un frein majeur à la croissance économique et à l’intégration du continent. Pour pallier ces défis, plusieurs initiatives supranationales ont vu le jour, visant à changer la donne pour plusieurs pays et à stimuler l’économie régionale.
Le Corridor Lapsset : pilier de l’intégration en Afrique de l’est
Lancé en 2012, le projet Lapsset relie le port de Lamu au Kenya à l’Éthiopie, au Sud-Soudan et à l’Ouganda. Ce mégaprojet inclut un port en eau profonde, des lignes de chemin de fer, des autoroutes, et des oléoducs. Le port de Lamu, inauguré en 2021, en est la pièce maîtresse et ambitionne de positionner le Kenya comme hub logistique pour l’Afrique de l’Est.
La composante ferroviaire, avec ses 2 500 km de lignes reliant Lamu à Nairobi et Addis-Abeba, vise à acheminer 90 % des marchandises depuis Lamu vers les pays enclavés. Des autoroutes et trois aéroports internationaux sont également prévus pour stimuler le commerce et le tourisme régional.
Le Corridor de Lobito : une révolution logistique pour l’Afrique Centrale
Le corridor ferroviaire de Lobito s’étend sur 1 700 km, reliant le port angolais de Lobito à Kolwezi en RDC. Ce projet stratégique facilitera le transport des ressources minières, telles que le cuivre et le cobalt, essentielles à la transition énergétique mondiale. Ce corridor, soutenu par des investissements internationaux et régionaux, réduira considérablement les délais d’exportation, améliorant ainsi la compétitivité des exportations minières.
En partenariat avec la société Trafigura et Mota-Engil, la gestion et l’expansion de la ligne incluent des financements de l’US International Development Finance Corporation et d’autres acteurs internationaux, pour un coût total de 2,3 milliards de dollars.
L’autoroute Abidjan-Lagos : connecter l’Afrique de l’ouest
Le corridor autoroutier reliant Abidjan à Lagos traverse cinq pays : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin, le Togo et le Nigeria. Depuis la signature du traité en 2014, ce projet de 15,6 milliards de dollars progresse pour renforcer l’intégration économique régionale et faciliter le transport de marchandises et de passagers le long du littoral ouest-africain.
Ces grands projets de corridors, qu’ils soient à l’est, au centre ou à l’ouest du continent, tracent un chemin prometteur pour l’intégration économique de l’Afrique. Grâce à des financements et partenariats internationaux, ils promettent de transformer le paysage logistique, ouvrant la voie à une ère nouvelle de croissance et de compétitivité pour l’Afrique.
La Rédaction

