Dans un communiqué rendu public, la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS) a annoncé, dans une note de service du 4 novembre 2024, la prolongation de la suspension de toutes les opérations foncières sur plusieurs sites stratégiques du pays pour une durée de 45 jours. Ce qui suscite des réactions chez les opérateurs du Bâtiment et Travaux Publics (BTP).
Cette décision du gouvernement sénégalais qui remonte au 29 juillet dernier, concerne onze chantiers qui se trouvent tous à Dakar sauf un situé à Saint-Louis, au Nord du Sénégal.
Cette décision de prolongation a commencé par inquiéter les opérateurs du secteur du BTP, d’autant plus qu’aucun rapport n’a encore été rendu public. Les acteurs du bâtiment s’inquiètent notamment du coût économique et social d’une telle mesure. Oumar Ndir,est à la tête d’une entreprise de construction qui a été contrainte d’interrompre le contrat d’une cinquantaine de personnes, il s’inquiète de l’impact négatif de cette décision sur les investissements. « Alors qu’en soi, la mesure est déjà difficile puisqu’elle place plusieurs acteurs sénégalais ou étrangers dans une position d’attente, sa prorogation va encore renforcer les inquiétudes du secteur privé. De telles décisions ne sont pas de nature à rassurer les investisseurs qui souhaitent avoir des certitudes », explique celui-ci.
Oumar Ndir appelle donc l’Etat à rendre rapidement ses conclusions, mais aussi à prendre des mesures d’accompagnement pour aider les entreprises et les ouvriers à passer le cap. Au Sénégal, le secteur du BTP emploie 200 000 personnes de façon directe, 600 000 si l’on inclut les sous-traitants. Une problématique dont l’opposition s’est d’ores et déjà saisie dans le cadre de la campagne pour les législatives du 17 novembre prochain.
Les autorités avaient annoncé en juillet dernier la suspension des opérations de construction pour une durée de 3 mois « à titre conservatoire », autrement dit le temps de vérifier la régularité des permis de construire pour éviter d’éventuelles fraudes.
La Rédaction

