La Côte d’Ivoire ne veut plus se contenter d’exporter des noix brutes. Premier producteur africain de cajou, le pays entend désormais capter une part plus importante de la chaîne de valeur en devenant un hub régional de transformation. Une ambition soutenue par des investissements massifs venus de Singapour, des Émirats arabes unis et de l’Inde, attirés par les incitations gouvernementales et une demande mondiale en forte croissance.
Un virage stratégique vers la transformation locale
Alors que près de 90 % de la production ivoirienne de noix de cajou était encore exportée à l’état brut il y a quelques années, le pays opère un tournant décisif. Objectif affiché : atteindre un taux de transformation locale de 50 % d’ici à 2030. Pour y parvenir, la capacité nationale de transformation doit grimper à 730 000 tonnes d’ici fin 2025. Un objectif ambitieux, mais soutenu par la construction de complexes industriels dans les zones de production comme Korhogo, Bouaké ou encore Boundiali.
Les géants asiatiques et du Golfe en première ligne
Plusieurs groupes étrangers, en particulier originaires d’Asie et du Moyen-Orient, investissent dans des unités à grande échelle. Des firmes de Singapour, des Émirats et de l’Inde s’implantent, séduites par les exonérations fiscales, les facilités logistiques et un climat des affaires en amélioration. Ces partenariats devraient également contribuer à transférer des compétences et à structurer une filière encore marquée par l’informel.
Un enjeu social et économique majeur
Ce développement de la transformation locale est porteur de promesses pour l’économie ivoirienne. Il s’agit non seulement de créer des dizaines de milliers d’emplois, mais aussi de dynamiser des territoires ruraux souvent délaissés. Le gouvernement mise sur le cajou pour réduire la dépendance aux matières premières non transformées et diversifier ses recettes d’exportation.
La Côte d’Ivoire, déjà leader africain, se positionne désormais comme un futur pôle mondial de la transformation du cajou. Un pari audacieux, mais cohérent avec la volonté de souveraineté économique affirmée par Abidjan.
La Rédaction

