Pendant longtemps, l’Afrique a dû regarder hors de ses frontières pour trouver l’expertise capable de guider son développement. Aujourd’hui, ce paradigme est en train de changer. Depuis 2013, le Programme de bourses Afrique de la Banque mondiale forme une génération de leaders africains, destinés à prendre en main l’avenir du continent. Plus de 270 boursiers ont été accompagnés, chacun apportant sa pierre à la construction d’un leadership endogène, capable de transformer les politiques publiques, les institutions et l’économie africaine.
Ces parcours illustrent l’impact concret du programme. Théophiline Boser-Durek, chercheuse ghanéenne, combine économie et inclusion, intégrant systématiquement la dimension genre dans ses analyses macroéconomiques. Son travail met en lumière comment les politiques publiques peuvent être équitables et attentives à la redistribution des opportunités. Au Sénégal, Fatoumata Nankoto Cissé occupe une place stratégique au sein du gouvernement. Économiste de formation, elle optimise les décisions dans le secteur énergétique grâce à des données fiables et des évaluations rigoureuses, faisant de la preuve scientifique un levier de gouvernance. En Afrique du Sud, Eleni Yitbarek, professeure d’économie à l’Université de Pretoria, produit des recherches de haut niveau sur la pauvreté et les inégalités, tout en influençant les politiques publiques locales et internationales.
Au-delà des trajectoires individuelles, le programme poursuit un objectif plus vaste : reconstruire la souveraineté intellectuelle africaine. Chaque boursier formé réduit la dépendance aux références extérieures et permet aux décideurs locaux de concevoir des solutions adaptées aux réalités économiques, sociales et institutionnelles du continent.
Dans un contexte marqué par des défis structurels — transition énergétique, emploi des jeunes, inclusion sociale et transformation économique —, disposer de compétences locales de haut niveau devient un véritable atout stratégique. Le Programme de bourses Afrique ne se contente pas de former des individus, il façonne les leaders capables de conduire l’Afrique vers un développement durable, inclusif et résilient.
La Rédaction

