Et si les cuisines des hôtels et restaurants devenaient un moteur de l’agriculture togolaise ? L’Union des chefs cuisiniers du Togo (UCCT) propose aux établissements de restauration de composer leurs menus avec 80 % d’ingrédients locaux. Derrière cette ambition, une volonté de rapprocher producteurs et professionnels de la gastronomie, tout en donnant davantage de valeur aux richesses alimentaires du pays.
Du champ à l’assiette, une partie de la richesse agricole togolaise pourrait trouver de nouveaux débouchés dans la restauration. Riz, manioc, igname, ananas, légumes et poissons constituent autant de ressources susceptibles d’alimenter une cuisine nationale plus présente dans les hôtels, les restaurants et les établissements touristiques.
C’est cette orientation qu’a défendue Kpessou Amah, président de l’UCCT, le 20 octobre à Lomé, à l’occasion de la quatrième édition nationale de la Journée internationale des chefs cuisiniers.
Faire de la restauration un débouché agricole
L’objectif de 80 % d’ingrédients locaux constitue un appel volontaire aux professionnels, et non une obligation réglementaire. Il vise à renforcer les achats auprès des agriculteurs, des pêcheurs et des entreprises de transformation.
Une telle évolution pourrait favoriser des circuits d’approvisionnement plus directs et encourager la valorisation commerciale des productions nationales. Elle suppose toutefois une disponibilité régulière des ingrédients, des exigences de qualité respectées et une organisation capable de répondre aux besoins des établissements.
Pour Kpessou Amah, consommer local relève d’un véritable choix économique. « Consommer local, ce n’est pas un acte de pitié. C’est un acte de puissance », a-t-il déclaré.
La créativité culinaire au service du terroir
Placée sous le thème national « Terre, passion, assiette », cette édition souligne les liens entre production agricole, savoir-faire culinaire et consommation.
L’UCCT invite les chefs à explorer les spécialités régionales, à renouveler leurs recettes et à proposer des présentations capables de séduire une clientèle diversifiée, notamment touristique.
L’organisation entend également accompagner les restaurateurs dans cette démarche et sensibiliser les jeunes à la connaissance des produits du terroir et à la transmission des techniques culinaires.
Un potentiel économique à structurer
L’initiative pose une question plus large : comment organiser durablement les relations entre producteurs et restaurateurs ? La régularité des livraisons, la conservation des denrées et l’adaptation des volumes aux commandes seront déterminantes.
En faisant du contenu des assiettes un choix d’approvisionnement, les chefs togolais souhaitent ainsi contribuer à une chaîne de valeur qui bénéficie aussi aux exploitations agricoles, à la pêche et aux petites unités de transformation.
La Rédaction

