Madagascar s’apprête à remodeler son cadre juridique minier en introduisant une nouvelle loi dédiée aux projets de grande envergure. Objectif affiché : dynamiser un secteur clé pour l’économie nationale, attirer les capitaux étrangers et accélérer la mise en œuvre de projets majeurs.
Un nouveau cap législatif
Baptisée « Loi sur les grands projets d’exploitation miniers » (LGPE), cette réforme succède à un dispositif vieux de 20 ans. Le texte fixe désormais le seuil d’éligibilité à 100 millions de dollars d’investissement, contre 50 millions auparavant. En contrepartie, des allègements fiscaux et des exonérations douanières sont prévus, notamment pour l’importation des équipements nécessaires.
Le gouvernement malgache ambitionne ainsi d’ouvrir 20 grands projets miniers d’ici à cinq ans, conformément à sa Politique générale de l’État définie en 2024.
Des inquiétudes internes
Si les autorités mettent en avant les retombées économiques attendues — devises, emploi, infrastructures — certaines organisations de la société civile y voient une marginalisation des entreprises nationales. Atteindre un investissement initial de 100 millions de dollars reste en effet hors de portée pour nombre d’acteurs locaux.
Des structures comme Publiez ce que vous payez dénoncent une loi taillée sur mesure pour les multinationales, notamment dans le cas du projet Base Toliara, chiffré à un milliard de dollars, et orienté vers l’extraction de l’ilménite, du zircon et de la monazite dans le sud-ouest du pays.
Emploi local et retombées attendues
Le gouvernement se veut rassurant. Selon le ministre des Mines, Olivier Rakotomalala, le code minier impose un quota maximal de 20 % de personnel étranger, garantissant une majorité de postes pour les travailleurs malgaches. « Le secteur minier peut devenir un moteur de croissance inclusive », souligne-t-il.
De plus, les projets qui choisiront de transformer les minerais sur place — plutôt que de les exporter bruts — bénéficieront d’un abattement fiscal. Une incitation à la valorisation locale, bien que freinée par les contraintes énergétiques du pays.
En attente de validation parlementaire
Le projet de loi devrait être soumis au Parlement en octobre 2025. Il incarne une volonté claire de positionner Madagascar comme une destination attractive pour les grands investisseurs miniers, tout en tentant d’assurer des retombées socio-économiques internes. Reste à savoir si l’équilibre entre ouverture internationale et souveraineté économique locale pourra réellement être atteint.
La Rédaction

