Dans le nord du Togo, les conséquences des crises sécuritaires régionales se prolongent bien après l’arrivée des populations déplacées. L’accès à l’eau, aux soins et aux moyens de subsistance devient un défi partagé avec les communautés d’accueil. Face à ces besoins durables, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) consolide son implantation dans les Savanes, avec une priorité : renforcer les capacités locales d’assistance plutôt que limiter son intervention aux réponses d’urgence.
Une pression croissante sur les services essentiels
Dans cette région frontalière du Burkina Faso, l’accueil des réfugiés et des personnes déplacées modifie les besoins des populations. Les infrastructures sanitaires, les points d’eau et les ressources agricoles doivent répondre à une demande élargie, dans des territoires déjà confrontés à leurs propres vulnérabilités.
Le CICR intervient aux côtés de la Croix-Rouge togolaise et des institutions nationales, notamment le Programme d’urgence de renforcement de la résilience dans les Savanes (PURS) et la Commission nationale d’assistance aux réfugiés (CNAR).
Ses actions concernent les soins de santé primaires, la réhabilitation de pompes, la réalisation de forages et la distribution de semences maraîchères. Ces interventions visent simultanément les besoins immédiats et la capacité des familles à retrouver des moyens de subsistance.
Dapaong, un ancrage humanitaire renforcé
La transformation de la mission du CICR au Togo en délégation à part entière, effective depuis mai 2026, accompagne cette évolution. Elle doit permettre une présence institutionnelle plus affirmée et un dialogue renforcé avec les partenaires nationaux.
À Dapaong, la construction de nouveaux locaux pour la Croix-Rouge togolaise, soutenue par le CICR, participe de cette consolidation. Leur inauguration est annoncée avant la fin de l’année.
Lors de sa visite au Togo, Yasmine Praz Dessimoz, directrice des opérations du CICR, a souligné l’importance de cette coopération pour maintenir une assistance adaptée aux réalités du terrain.
Faire durer la protection des populations
Dans un environnement sécuritaire fragile, la continuité des interventions dépend aussi de l’accès aux communautés et de la confiance des différents acteurs. La neutralité humanitaire, défendue par le CICR, constitue à cet égard une condition essentielle de son action.
L’enjeu dépasse désormais la disponibilité ponctuelle des secours. Il concerne la capacité des structures locales à maintenir les services, accompagner les familles et préserver les conditions de vie des communautés d’accueil.
Dans les Savanes, la solidité de la réponse humanitaire se mesurera autant à la protection des populations déplacées qu’à la résilience des territoires qui les accueillent.
La Rédaction

