En Ituri, des familles ont quitté le site de Kigonze après des incidents de sécurité. L’ONU craint que leur dispersion et les difficultés d’accès des humanitaires ne perturbent le suivi des personnes exposées à Ebola. L’ampleur des départs reste à établir.
Un site quitté après plusieurs incidents
À Kigonze, près de Bunia, l’insécurité ajoute une difficulté à la riposte contre Ebola. Selon une alerte diffusée par l’ONU le 28 septembre, de nombreuses familles ont quitté ce site de déplacés pour trouver refuge auprès de proches. Des incidents de sécurité et de protection y sont signalés depuis le 20 septembre.
Le site accueillait près de 19 000 personnes avant ces départs. Ce chiffre décrit sa population, pas le nombre de personnes ayant fui. Un incendie a détruit plusieurs abris et des biens le 23 septembre, mais ses circonstances restent à établir. Des médias locaux ont également rapporté une opération militaire et des coups de feu. L’accès difficile au site n’a pas encore permis aux organisations humanitaires de vérifier indépendamment l’ensemble des faits, ni de mesurer précisément les dégâts et les besoins.
Pour les familles parties, la recherche d’un lieu sûr est immédiate. Pour les équipes humanitaires, il faut aussi savoir où elles se trouvent, évaluer leurs besoins et maintenir les services auxquels elles avaient accès à Kigonze. Le coordonnateur humanitaire de l’ONU en RDC, Damien Mama, a demandé un accès rapide au site et rappelé que toute solution concernant l’avenir de ses habitants devait être volontaire, sûre et digne.
Des personnes plus difficiles à suivre
Kigonze fait partie des lieux couverts par le dispositif de riposte contre Ebola. Les départs non organisés peuvent donc compliquer le travail des agents de santé : retrouver une personne ayant été en contact avec un malade, surveiller l’apparition de symptômes, organiser un test et orienter rapidement un patient vers des soins adaptés.
La difficulté ne se limite pas aux familles qui sont parties. Lorsque l’accès au site est perturbé, les équipes peinent aussi à poursuivre leurs interventions auprès de celles qui y restent. La dispersion peut ainsi créer des ruptures dans le suivi sanitaire et dans l’assistance, alors que la continuité des contacts avec les communautés est essentielle à la riposte.
Il s’agit, à ce stade, d’un risque identifié par l’ONU. Aucune donnée vérifiée ne permet d’affirmer que les départs de Kigonze ont causé de nouvelles contaminations. Il reste notamment à déterminer combien de personnes ont quitté le site, où elles ont été accueillies et si celles qui faisaient l’objet d’un suivi sanitaire ont pu être retrouvées.
Une épidémie encore active en Ituri
Dans son bulletin du 25 septembre, l’Organisation mondiale de la santé constatait une baisse progressive de l’incidence en Ituri depuis le pic de la mi-août. Elle précisait toutefois que la transmission restait élevée. L’OMS soulignait déjà que les conflits, l’insécurité et les déplacements entravaient la recherche des cas, le suivi des contacts et l’accès rapide aux soins.
Son relevé national arrêté au 27 septembre faisait état de plus de 8 000 cas confirmés en RDC. Ce bilan concerne l’ensemble du pays et ne mesure pas l’effet des événements de Kigonze. Pour apprécier leurs conséquences, les équipes doivent d’abord retrouver un accès sûr au site, établir la situation des familles dispersées et vérifier la continuité du suivi sanitaire. Tant que ces éléments manquent, l’alerte appelle à la vigilance, sans permettre de chiffrer son impact sur l’épidémie.
La Rédaction
Sources
- ONU Info, alerte du 28 septembre 2026 sur Kigonze, également diffusée par courriel.
- Bunia Actualité, compte rendu du communiqué du coordonnateur humanitaire, 27 septembre 2026.
- OMS, bulletin épidémiologique du 25 septembre et relevé national arrêté au 27 septembre.

