La présence de réseaux criminels mexicains s’étend progressivement sur le continent africain, selon plusieurs sources sécuritaires. Plusieurs pays sont désormais concernés, notamment l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Mozambique, où ces organisations seraient impliquées dans la fabrication locale de méthamphétamine (crystal meth).
Des opérations de démantèlement de plus en plus fréquentes
Au début du mois de mai, les forces de police sud-africaines ont découvert un laboratoire clandestin de grande envergure dans la province du Nord-Ouest. L’intervention a permis la saisie de plus de 480 kilos de méthamphétamine ainsi que de matériels de production évalués à environ 50 millions d’euros. Sur les onze personnes arrêtées, cinq étaient originaires du Mexique.
Des spécialistes des questions de criminalité organisée évoquent au moins quatre opérations similaires en moins de deux ans en Afrique du Sud, impliquant des ressortissants mexicains, ce qui laisse penser à une implantation qui dépasse le simple passage ponctuel.
Une diffusion géographique au-delà de l’Afrique australe
Le phénomène ne se limite plus à une seule zone du continent. Des cas similaires ont été rapportés au Nigeria, au Mozambique, au Malawi, au Botswana ainsi qu’au Kenya. Dans ce contexte, plusieurs analystes estiment que l’Afrique de l’Ouest, historiquement utilisée comme espace de transit entre l’Amérique latine et l’Europe, évolue progressivement vers une zone de production.
Au Mozambique, plusieurs arrestations ont récemment été effectuées, incluant deux ressortissants mexicains suspectés d’appartenir à des organisations criminelles structurées. Les autorités y ont également saisi des quantités importantes de substances chimiques utilisées dans la fabrication de drogues synthétiques.
Des effets sanitaires qui commencent à apparaître
Cette évolution suscite des inquiétudes croissantes dans le domaine de la santé publique. Au Mozambique, les services médicaux signalent une augmentation de 38 % des prises en charge liées aux addictions en 2025. Plusieurs experts redoutent une diffusion plus large de la consommation de stimulants sur certaines zones du continent.
Le cas du Nigeria et l’industrialisation du trafic
Au Nigeria, les autorités antidrogue ont annoncé en mai 2026 la destruction du plus grand site de production de méthamphétamine jamais identifié dans le pays. Les saisies incluent des drogues et des précurseurs chimiques estimés à plus de 300 millions d’euros. Trois chimistes mexicains figuraient parmi les personnes interpellées.
Des alliances criminelles transcontinentales
Les enquêtes en cours suggèrent l’existence de réseaux hybrides associant cartels mexicains et groupes criminels locaux. Les premiers apporteraient savoir-faire technique, financement et méthodes de production, tandis que les seconds assureraient l’ancrage territorial, notamment dans des zones rurales isolées où la surveillance reste limitée.
Cette articulation favoriserait l’installation progressive de laboratoires clandestins et une structuration plus durable de ces filières sur le continent africain.
La Rédaction

