Peinte en rose pour une séance photo devenue virale, l’éléphante Chanchal est morte quelques mois plus tard, ravivant les accusations de maltraitance animale et les interrogations sur les limites de la création visuelle.
En Inde, la mort de l’éléphante Chanchal relance une vive controverse autour de l’utilisation des animaux dans les productions artistiques et commerciales. L’animal avait été au centre d’un shooting photo intitulé Pink City, réalisé à Hathi Gaon, près de Jaipur, où elle avait été peinte en rose fluo pour les besoins d’une mise en scène destinée aux réseaux sociaux.
Quelques mois après cette séance, l’éléphante est morte. Selon les autorités locales, des vétérinaires ont conclu à une insuffisance cardio-respiratoire. Mais la chronologie des événements et les images diffusées en ligne ont immédiatement suscité une forte émotion et des accusations de maltraitance animale.
Dès la publication des premières photographies sur Instagram en décembre, le projet avait déjà déclenché une polémique. La photographe Julia Buruleva, artiste russe installée à Barcelone, y présentait une série esthétique mettant en scène l’animal recouvert de peinture rose. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont dénoncé une pratique jugée inutile et potentiellement risquée, estimant que des techniques de retouche numérique auraient pu remplacer toute interaction physique avec l’animal.
La peau sensible des éléphants et les effets possibles de substances appliquées directement sur leur corps ont également été au cœur des critiques, alimentant un débat plus large sur les limites de la création visuelle impliquant des êtres vivants.
Face à la controverse, la photographe a défendu son travail dans un communiqué publié sur Instagram. Elle affirme que la séance s’est déroulée dans le respect des pratiques locales et sous supervision. Selon elle, la peinture utilisée serait non toxique et similaire à celle employée lors de certaines célébrations traditionnelles en Inde. Elle précise également que l’animal était habitué à ce type d’interaction et que la séance aurait été courte et encadrée.
Julia Buruleva rejette toute responsabilité dans la mort de l’éléphante, qualifiant les accusations de maltraitance d’infondées. Elle cite par ailleurs des sources locales évoquant une mort naturelle liée à l’âge et annonce envisager des poursuites contre certains médias et créateurs de contenu accusés de diffusion de fausses informations. Elle exprime également sa tristesse et affirme avoir vécu cette expérience comme un hommage à la beauté de l’animal.
Dans ce contexte, l’organisation PETA India a réagi en appelant au retrait des images publiées ou, à défaut, à ce que les revenus générés soient reversés à des actions de protection des éléphants.
Au-delà du cas individuel, l’affaire Chanchal met en lumière une tension profonde entre création artistique, responsabilité éthique et exploitation animale dans un monde dominé par les réseaux sociaux. Elle soulève une question essentielle : jusqu’où peut aller la mise en scène d’un animal au nom de l’esthétique ?
La Rédaction

